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LES PÉRIODES DE L'HISTOIRE D'ALLEMAGNE

Après la mort du grand empereur Frédéric II (i2o0), rAllemagne entre dans une période de décadence qui ne dure pas moins de 300 ans et dont elle ne sort qu'avec la Réforme. Pendant tout ce temps, elle se môle peu aux affaires de TEurope, et elle ne songe plus à faire valoir sa suprématie en Italie et à Rome. Les empereurs de la maison de Habsbourg prirent soin surtout des intérêts de leur dynastie. Si Rudolpli (1273-1291) put mettre fin à l'interrègne, il ne put faire disparaître le fameux droit du poing qui ne fut aboli qu'en 149o [WormserLandfrieden). Sous les empereurs de la maison de Luxembourg [Charles V et Wenzel ( 1 346-1 409)] qui négligèrent absolument les intérêts du pays, il se manifesta, il est vrai, un mouvement intellectuel, moral et industriel très marqué (fondation d'Universités; la Hanse, la sainte Vehme; plus tard l'invention de la poudre à canon et de l'imprimerie) suivi d'une violente agitation religieuse {Hussites)\ mais ce mouvement sort du peuple; il est le plus souvent combattu par l'autorité supérieure, et le Nord ou la nouvelle Allemagne, lui est plus favorable que le Midi, siège de l'ancienne culture germanique.

Avec la Réforme commence proprement le relèvement de l'Allemagne. La cause de la liberté religieuse, embrassée par un groupe de souverams peu puissants (la Saxe, la Hesse, le Brandebourg, le Palatinat, etc.), se défend non sans peine pendant 150 ans contre les forces écrasantes de l'Empire, et aurait infailliblement succombé si les races Scandinaves (Danois et Suédois) d'abord, et plus tard la France, plus efficacement, n'étaient venues au secours des réformés. La paix de Westphalie fut encore l'œuvre de la France; c'est grâce à la France, à son concours actif d'abord, à l'action de ses savants et de ses écrivains ensuite, que l'on voit naître le premier grand État protestant du continent, la Prusse.

La Bavière étant restée fidèle à la maison de Habsbourg et la Saxe s'y étant rattachée, le rôle de régénérateur de l'Allemagne échut au Brandebourg, élevé au premier rang par une série de princes qui avaient conscience de leur mission : le grand Électeur arrache la Prusse orientale à la Pologne, 1657; bat les Suédois à Fehrbellin, 1675; s'annexe Clève et Ravensburg. Son fils Frédéric prend le titre de roi de Prusse en 1701. Frédéric-Guillaume est économe, crée une armée redoutable. Frédéric II, entouré de Français, longtemps l'ami et l'allié de la France, réussit, par ses victoires et sa politique éclairée, à faire de la petite Prusse une grande puissance. Le véritable centre de la vie allemande est désormais non pas à Vienne, mais à Berlin.

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