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EXPANSION DE L'IDÉE GRECQUE

de TAthènes de Ménandre et de Démosthène commença à se répandre alors sur des contrées qui avaient connu de Tart surtout le colossal et la grandeur imposante des masses, quelquefois même les conceptions les plus bizarres et les plus monstrueuses. On vit jusqu'en Gedrosie et en Garamanie, c'est Plutarque qui nous l'apprend, les enfants étudier et apprendre par cœur les pièces touchantes d'Euripide. Il est vrai que cette civilisation resta à la surface ; le « gros » des populations ne se transforma guère. Dès le commencement du second siècle les Parthes deviennent redoutables et mettent très souvent ]a Syrie eu danger. Les Juifs, qui avaient cédé aux séductions de la vie grecque, se soulèvent lorsque le principe de leur religion et de leur nationalité est mis en cause, et sous les Ptolémées continuent à subsister, malgré les trésors littéraires et scientifiques accumulés au musée d'Alexandrie^ les mœurs et les croyances du temps des pharaons.

Dans l'Asie, le génie grec fut deux fois victorieux, par les armes d'abord, par les arts ensuite. Il n'en fut pas de même dans l'Europe occidentale, où Pyrrhus, le vaillant Épirote, essaya vainement d'entamer la puissance naissante de Rome. Cette cité guerrière resta longtemps insensible aux charmes d'une culture supérieure, qu'elle trouva, pour ainsi dire, à ses portes, dans les colonies grecques de Tarente, de Rhégium, et plus tard dans celles de Syracuse et de Messine. La tragédie et la comédie importées de la Grèce à l'époque des guerres puniques réussissaient à peine à émouvoir la fibre grossière des fils de Romulus et ne trouvaient guère de spectateurs, lorsqu'on leur annonçait l'apparition d'un ours savant ou d'un clown facétieux. C'est vaincue seulement que la Grèce put faire sentir à ses maîtres orgueilleux sa réelle supériorité.

Grœcia vicia ferum victorem cepit, etc.

Le triomphe pour avoir été plus long à venir, n'en fut que plus complet : il pénétra jusqu'à la moelle du vainqueur

barbare, et transforma sa langue, sa littérature, ses mœurs et jusqu'à ses légendes et à ses croyances religieuses.

C'est de la prise de Corinthe que date cette grande révolution : ce sont les trois philosophes grecd envoyés à Rome comme ambassadeurs qui y firent connaître et goûter par toutes les classes de la société les arts de W dialectique, de la rhétorique et de l'éloquence qui avaient tendu leur race célèbre. C'est Munamius qui, à la suite du pillage de Topulent emporium situé sur Fisthme du Péloponèsé, transporta à Rome une partie des chefs-d'œuvre des arts plastiques de la Grèce. On n'a qu'à lire les Verrines pour se convaincre qu'ils ne tardèrent pas à être appréciés des conquérants. On sait avec quelle magnificence furent ornées les maisons d'un Cicéron, d'un Clodius, d'un LucuUus. L'édile Scaurus fit bâtir un théâtre en marbre pouvant contenir 80,000 spectateurs ; ceux de Pompée et de Marcellus en contenaient 40,000, le Circus Maximus 250,000. Auguste y fit combattre 240 panthères à la fois. C'est de lui qu'on a dit qu'il avait trouvé une Rome de pierre, et qu'il laissa une Rome de marbre.

Les Romains en se rapprochant des modèles grecs déployèrent plus d'originalité dans les lettres que dans les arts. Les jeunes gens de bonne famille allèrent faire leurs études à Rhodes, à Pergame, à Athènes surtout. Antonius et Grassus s'étaient cachés encore des emprunts faits par eux aux trésors de l'éloquence grecque. Cicéron se glorifia de ses maîtres, sachant qu'il avait assez de génie pour les égaler et espérant peut-être les surpasser. Caton avait appris le grec dans un âge déjà fort avancé ; maintenant toute la jeunesse patricienne l'apprenait dès l'âge le plus tendre. Le grec devint la langue de la bonne compagnie, comme le français à dater du xvn® siècle n'a pas cessé de l'être en Europe. Aussi à partir de cette époque voyons-nous à Rome des écrivains qui faaiiliarisés avec la littérature hellénique commencent à donner de l'éclat à celle de leur propre patrie. Dans l'histoire s'élèvent Salluste, César, Cornélius Népos, Tite-Live; dans le lyrisme : Catulle, TibuUe, Properce, Horace; Horace surtout qui faisait une guerre si acharnée aux auteurs de l'épo-

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