C. — La Baotriane et la Pêne
Lorsque les Aryàs primitifs étaient encore réunis dans le Pendshàb, ils invoquaient, comme les Yédas en font foi, les dieux du jour et de la lumière, pour en obtenir la force, la santé, les richesses, tous les biens de la terre enfin. Ils les invoquaient aussi pour en obtenir aide et protection contre les démons de la nuit et des ténèbres (les ràkshasas), contre Vritra et Ahi, dieux de la chaleur torride, de la sécheresse et de rinfertilité. Les alliés des divinités lumineuses Ayus, Indra, Pushan, Açvinas, etc., étaient les esprits des vents et des tempêtes, Marutas^ Rudrâs. Leur père est Varuna (o^pavèç) le vaste Océan qui enveloppe la terre de toutes parts, source et créateur des eaux du ciel et de la terre. C'est lui qui, entouré des autres dieux, a accueilli lama^ le premier homme, le premier roi, sur les sommets célestes, /ama régnera désormais sur les morts, dans une espèce de paradis où iront le rejoindre les héros qui ont succombé en combattant, les homimes pieux qui ont offert de nombreux sacrifices aux dieux, qui ont pratiqué la vertu et observé la justice. Les méchants n'entrent pas dans la demeure de lama ; ils sont relégués dans un lieu inconnu, lointain, oh régnent des ténèbres profondes. Le côté sombre de cette mythologie fut négligé et oublié plus tard par les Aryâs qui émigrèrent du Pendshâb pour s'emparer de la terre qu'arrose le Gange. Sous l'influence d'un climat chaud et énervant, d'un sol d'une exubérante fertilité, d^une nature belle et luxuriante, leur cerveau se peupla de riantes images, engendra les conceptions de bonheur infini, de voluptés folles et se perdit dans un panthéisme plein de ravissements poétiques dont l'ordre et l'harmonie étaient absents. Cet excès produisit à la longue l'excès opposé des rishis^ anachorètes qui se livraient à des exercices d'un ascétisme outré.
Les Aryâs restés dans leur patrie primitive surent éviter ces deux extrêmes. Ils étaient retenus dans l'antique foi par leur situation même, par le sol qu'ils habitaient, par les peu-'