LA BACTRIANE ET LA PERSE
pies qui les avoisinaient. Dans la Bactriane et les pays qui rentourent, on remarque le contraste violent des saisons ; des hivers longs et rudes y alternent avec des étés secs et souvent torrides. Non seulement le sable du désert couvrait souvent les campagnes cultivées avec soin par les Bactriens ; les barbares du Nord aussi, les enfants de Touran, troublaient par des incursions fréquentes la sécurité des fils dlran. De là, chez ces derniers, une lutte constante pour repousser Tennemi de leur race, pour triompher des forces délétères de la nature ; de là aussi un effort incessant pour étendre le domaine de la terre arable, pour augmenter le nombre des troupeaux et des êtres humains, pour multiplier les œuvres et les manifestations bienfaisantes de la vie. La religion que le Zend-Avesta nous fait connaître est Timage de cet effort constant, de cette lutte sans trêve ni rel&che. Seulement cette lutte, qui dans les Yédas se présente comme un conflit entre les forces physiques de la nature, a revêtu ici un caractère éminemment moral. Sans doute les esprits de la lumière favorisent les travaux des hommes, mais ils en çxigent en même temps la véracité et la pureté du cœur. Les esprits des ténèbres résident dans le désert, dans les steppes du Nord ; la sécheresse inféconde et Thiver rigoureux sont leur œuvre. Les bêtes féroces et les tribus pillardes de la mer Caspienne sont sous leurs ordres. Mais ces esprits sont aussi les démons du mensonge (drudsha) et de la perfidie. Ce n'est pas à tort, selon nous, que le mensonge était considéré chez les Perses comme le plus grand des péchés. N'est-il pas la source de presque tous les autres?
C'est Zoroastre qui,^selon toute vraisemblance, a fait faire à la croyance de ses aïeux ce pas considérable en avant. C'est lui aussi qui aura simplifié cette croyance en résumant dans les deux sommets d'Ormuzd et d'Ahrîman les cohortes innombrables des bons et des mauvais esprits. Le souverain génie du bien combattant sans cesse le démon du mal, n'est-ce pas là l'histoire même du genre humain, représentée par un symbole d'une saisissante clarté? Zoroastre accentua aussi
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<U¥antaâ:«ï le di'y^nn^ de ILinixiortalîtê de i'àiiie. Ce u'est pas le torpft. c'est rame «euie qui survivra, ifw. en Inversant le pont TshiiLAvat. aura à aiSroQter ie jugeaient d'Ormuzd. Les boas esprits et les niaavais se ia dispalent. Si die est trouvée porey elle t:?t admise à la demeure de Ions ceux qui sont por^ et qui parviennent jusqu'aux tiùnes des œnèsha r.p^mia les saints immortels . Mais les âmes difformes et malades sont emmenées dans les ténèbres aux lieux où résident les drudsnas '.
On le voit, le mazdéisme est une religion virile, à Ten* contre des do«:trines des Bramines et du bouddha qui enseienent une résignation passive. Zoroastre impose à ses sectateurs une activité saine qui entretient les forces du corps et de Tesprit : i! recommande le labourage. la culture des champs et des jardins, l'élève des bestiaux. U les engage dans les voies de la droiture, de la loyauté. Il exige d'eux la franchise la plus absolue : en un mot il veut qu^ils tiavaillent à leur perfectionnement moral.
Zoroastre parait avoir vécu au xm^ siècle avant notre ère. et comme nous voyons la Bactriaue quelques générations plus tard subjuiruée par les Assyriens, on peut supposer que ses leçons avaient pour but de réveiller chez ses compatriotes l'antique esprit religieux des Ar^às. de rappeler en les commentant les préceptes des anciens sages, de donner enfin une énergie nouvelle à une population que le bien-être commençait à amollir peut-être. (Juoi qu'il eu soit, sa doc* trine continua à se répandre sans bruit au milieu des populations congénères qui habitaient entre 1 Indus et TEuphrate. £lle ne semble avoir été écrite et codifiée une première fois qu'à la fin du vm\ ou même au commencement du vil" siècle ^. Elle parait avoir impressionné vivement alors l'esprit encore naif des Mèdes et surtout des Perses* initiés depuis quelque temps à la civilisation des Sémites de Babel et de Ninive. race qui depuis plus de douze siècles régnait en souveraine sur l'Asie occidentale. Nous avons fait re-
1« Uuucker, 11, p. i0i-5û3.