‹ Les lois de l'histoireChapitre 4 sur 144 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

IloXXà Ta Seivà xovSêv ^avOpcoicov deiv6Tepov icéXei.

Sophocle.

(La nature renferme bien des forces redoutables; mais nulle n'est plus redoutable que celle de Thomme.)

L'niSTOÎRE DU GENRE HUMAIN EST UNE ÉVOLUTION.

Excelsior.

L'humanité étant Tensemble des hommes qui habitent notre globe, on en a pu conclure avec une apparence de vérité que la race devait avoir un sort analogue à celui de rindividu, qu'elle devait parcourir les âges de l'enfance, de la jeunesse, de la maturité et du déclin. Cette opinion est fondée sur ce fait que l'homme, à la diiïérence de l'animal dont les générations successives se ressemblent absolument, lëgue à ses descendants les fruits de son travail et de l'expérience acquise. Aucun homme ne recommence de tout point l'existence de ses pères; le plus souvent il fait eifort pour l'améliorer, et le progrès est obtenu ainsi par le concours soutenu de tous les membres d'une même famille^ d'une même tribu» Ce progrès est assurément faible, tant que celle-ci reste à l'état sauvage, c'est* à-dire que, préoccupée uniquement du soin de la nourriture du jour et du lende«

main, elle s'adonne surtout à la chasse et à la pèche. Les nomades qui marchent derrière leurs troupeaux forment déjà des groupes plus considérables. L'homme apprivoise les animaux, les façonne à l^on usage, mais en les observant, en les étudiant, en les protégeant, il en apprécie davantage la valeur, il s'instruit lui-^mème. Le grand géographe Ritter l'a dit : Sous plus d'un rapport les animaux domestiques peuvent être considérés comme les frères aînés de Thomme. Ce sont eux qui l'ont ^mené lentement^ un sol fertile y aidant, à l'agriculture, à une vie commune dans des villages et dans des bourgs. C'est ce genre de vie quelque peu primitif que les Germains paraissent avoir mené encore du temps de Tacite.

Un pas de plus, les demeures éparpillées [Sparta) se rapprochent, les bourgs se réunissent (duvotxKTfxi;), les habitants d'un canton, d'une étendue de terrain plus vaste encore, se groupent autour des mêmes autels, obéissent aux mêmes chefs, vivent sous les mêmes lois, adoptent une règle commune de vie. Dans un pareil état de choses, un certain ordre peut régner, le commerce et de nombreuses industries peuvent fleurir, sans que l'on voie naître l'histoire d'un état ou d'un peuple. Certes l'exploitation des mines, l'usage des i^étaux, tout l'art de la métallurgie indiquent déjà un certain degré de culture. Et pourtant l'âge de la pierre, celui du cuivre ou de l'airain et même les commencements de l'âge du fer ne sont pas nécessairement dû domaine de l'historien : celui-ci a besoin, pour affirmer des faits, non seulement de monuments, mais, encore de documents. Voilà pourquoi les découvertes si intéressantes du docteur Schliemann ne produiront peut-être pas tous les résultats qu'on a pu s'en promettre. Ce chercheur intrépide a fait faire d«s . fouilles à Pergame, et il a trouvé les restes de cités plus anciennes et bien plus barbares que la Troie homérique. Il a fait ouvrir les nécropoles de Mycènes, et il s'est figuré avoir retrouvé Agamemnon, Clylemnestre et Cassandre. dans des squelettes revêtus d'une armure d'or, restes probablement de quelques membres d'une famille royale des

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