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PAPES ET EMPEREURS

fois et plus généreux, le distribuèrent entre les pauvres ou au moins firent d^abondantes aumônes. D'autres encore léguèrent leurs propriétés aux couvents et aux établissements ecclésiastiques. Encore d'autres enfin, pensant qu'il fallait déployer un zèle plus actif pour mériter le salut, s'acheminèrent, le bâton de pèlerin à la main, vers Jérusalem, pour prier sur le tombeau du Sauveur, pour obtenir la rémission de leurs péchés aux lieux mêmes qu'il avait sanctifiés par sa présence. Cet élan de piété qui saisissait les masses prétait un nouvel éclat à la papauté. Elle pouvait voir sans inquiétude, sinon sans chagrin, TÉglise grecque se séparer d'elle, les empereurs de Byzance ayant perdu depuis longtemps tout prestige, réduits qu'ils étaient à la possession précaire de quelques provinces que menaçaient tour à tour par leurs envahissements Normands, Russes et Arabes. Même alors que nous les voyons faire des efforts désespérés pour relever le trône chancelant de Constantin, les Gomnènes sont forcés d'implorer et quelquefois de subir le concours dangereux des chrétiens de l'Occident.

Les papes favorisaient naturellement par tous les moyens le mouvement de ferveur religieuse qui régnait alors à tous les rangs de la société chrétienne. Un de ces moyens — et non pas le moins puissant, — ce furent les canonisations. Jean XY en inaugura la série en 993. On accorda volontiers le nom de « saint » aux souverains qui se montraient les bienfaiteurs de l'Église. Tels furent Etienne, roi de Hongrie et Henri H, empereur d'Allemagne. Ce dernier alla si loin qu'il déclara l'élection des papes entièrement libre, tandis qu'il faisait dépendre de la curie celle des empereurs. A la mort de Henri Hl, l'éducation de Henri IV, son fils mineur, fut confiée aux archevêques. On comptait en faire un fidèle serviteur de l'Église. Les circonstances, en le jetant dans une autre voie, no firent que hâter les arrêts du destin.

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