‹ Les lois de l'histoireChapitre 57 sur 144 · L^ANGLETERRE · texte numérisé non relu

L^ANGLETERRE

lique de ses richesses, et en combattant Tinfluence d'une puissance étrangère, latine, il rencontra le sentiment populaire et s'appuya sur lui : ce fut ce sentiment qui se prononça si énergiquement contre Marie la Catholique qui avait osé épouser Philippe H d'Espagne, et qui soutint, dans toutes ses entreprises, dans tous ses actes, mAme les plus blâmables, la grande reine Elisabeth. On sait que cette dernière régna sur l'Angleterre d'une manière à peu près despotique. Mais, lorsque les Stuarts s'efTorcèrent d'ajouter à l'autorité, déjà si grande, de la royauté, encore celle de la religion catholique, la nation se détourua d'eux. Nous venons de voir que les nécessités pécuniaires, où les souverains de l'Angleterre se sont trouvés si souvent, les avaient obligés d'accorder à leurs sujets des libertés, en retour de l'argent qu*ils leur demandaient ^ Maintenant, ces libertés paraissaient mieux garanties par une religion dont la base même était le libre arbitre. Les Jacobins protestants, qui, à l'instigation de Cromwell, avaient livré au bourreau la tête de Charles P', ne devaient pas rester longtemps les maîtres du pays. Une réaction, trop violenle assurément, se produisit au retour des Stuarts. Les discordes intestines, dont des questions de dogme avaient été le point de départ, commencèrent à affecter un caractère de plus en plus politique. Ce n'est qu'à partir de 1688, c'est-à-dire après avoir donné à l'Europe, la première, l'exemple d'une constitution où l'ordre s'unit à la liberté, que l'Angleterre finit par exercer une influence considérable sur le continent. Toutefois, son rôle principal a été de régner sur les mers, d'élever à la civilisation moderne les peuples dégénérés du monde asiatique, et de couvrir de colonies florissantes les vastes régions du nouveau monde.

1 . Les Pays-Bas et les États-Uois d'Amérique sont parvenus aussi à se donner des institutions libres pour avoir osé résister aux exigences fiscales de leurs anciens gouvernements.

i56 DE L'IDÉAL DU BIEN

B. — La France. — Henri IV et Richsliea

Déjà à l'époque des croisades, la France avait été au premier rang des nations chrétiennes. C'est par la bravoure de ses enfants que le Saint Sépulcre avait été repris aux Infidèles, que des rois français avaient régné à Jérusalem. Le « gay ^aboir » des Troubadours faisait les délices des petites CQurs du Midi; au Nord, les Trouvères chantaient les hauts faits de Charlemagne et de ses preux, les gestes du roi Artus et des chevaliers de la Table Ronde. La chevalerie française éclipsait toute autre par son héroïsme, sa générosité et la grâce de ses manières. Charles-Quint dans une strophe célèbre avait dit : Plaz mi cavalier francès! Plus tard le pays fut en proie à la guerre sanglante de cent ans dont il sortit d'ailleurs plus uni et plus fort que jamais. Louis XI ayant réussi par son habileté à abattre la féodalité et ayant ainsi affermi singulièrement le pouvoir royal, ses successeurs purent, à l'exemple de l'Allemagne, songer à régner au delà des Alpes et disputer à l'Espagne la conquête de l'Italie. Mais, pour la France comme pour tous les pays de l'Europe centrale, la Réforme devint l'occasion de désordres et de luttes acharnées. François I" se trouva dans cette singulière situation d'avoir à contenir le mouvement religieux dans son royaume et de rechercher en même temps l'alliance du Grand Turc, pour entraver les projets de Charles-Quint rêvant alors de mettre l'Europe entière sous le joug d'une monarchie universelle. Sous Henri II, la persécution des huguenots prit un caractère plus aigu, et, sous les règnes des trois fils de la fanatique Catherine de Médicis, le pays fut agité par des gueres religieuses incessantes. Comme les protestants par l'entremise de Henri de Béarn, avaient obtenu le libre exercice de leur culte et l'admission à toutes les charges de TÉtat, la Cour essaya de les anéantir par le massacre de la Saint-Barthélémy; mais, moins de quatre ans après, Henri III fut obligé de leur restituer leurs droits. Les catholiques formé-

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