PÉRIODE DE PRÉPARATION. - LORDRE DANS LA FORCE
s'étaient réservé le privilège de la polygamie, et les rois surtout avaient leur harem.
D*ailleurs despotisme religieux et despotisme politique étaieut acceptés sans murmure; généralement ces deux grandes autorités sont étroitement unies. Tantôt, comme en Chine, c*est le souverain qui est en même temps 1q grand pontife de sa nation, r- il s'appelle le Fils du Ciel, et il s'en* toure des conseils des premiers mandarins. Tantôt la caste des prêtres occupe un rang proéminent, elle fait cortège au roi, comme en Egypte , et elle le dirige. Dans nos états modernes, tous participent plus ou moins à Tinstruction, tous aussi sont appelés & la défense de la patrie. Dans la haute antiquité, la caste des prêtres était le cerveau de la nation, comme celle des guerriers en était le bras. C'est des prêtres que venaient aux plus anciens peuples leur religion, leurs arts et leurs sciences. La religion avait toujours un caractère national; les dieux que chacun des peuples dont nous parlons, vénérait, étaient des dieux à lui. Ainsi que les rois, auxquels ils étaient censés communiquer leur puissance, ils étaient comme responsables de la prospérité et du salut de TËtat. Ils succombaient avec ce dernier dans la défaite, et c'était à eux qu'on attribuait la victoire. Les nations s'identifiant ainsi avec leurs dieux, pouvaient êire amenées quelquefois à adorer les dieux de leurs vainqueurs. C'est que ces religions, si différentes qu'elles fussent, se ressemblaient sous beaucoup de rapports; c'étaient autant de variantes du polythéisme où étaient divinisées les forces de la nature et qui culminaient dans l'astrolatrie. Dans combien de dieux de l'Orient, les Grecs n'ont-ils pas cru retrouver teur Jupiter, leur Artémis, leur Athénée, leur Apollon et leur Hercule! Qu'on ne nous oppose pas le dualisme du système religieux de Zoroastre; il laisse debout toute une armée de divinités inférieures. Avant Israël, l'idée de l'unité de Dieu, si elle a existé, a été réservée aux spéculations des prêtres seuls.
B. — Lanffuesr — fioriture. >- liitt^raturo.
Les idiomes de ces peuples primitifs , malgré des diffé*renées fondamentales , se ressemblent sous plus d'un rapport; ils portent tous les marques d'une naissance relativement récente. Le chinois s'est arrêté à la première phase du développement que les langues peuvent parcourir, il est resté une langue monosyllabique. Tel a dû être pareillement l'égyptien ; mais quoique ici les monosyllabes aient gardé une signification très précise, ils se réunissent sans difficulté et il naît ainsi des formes composées, des déclinaisons, des conjugaisons. Le sanscrit aussi a conservé ses racines primitives formées d'une seule syllabe, — mais ces racines se sont combinées avec une foule de syllabes flexives qui sont loin d'avoir toutes une existence indépendante ; il en est résulté des mots qui ressemblent à des organismes vivants et qui calquent admirablement les sentiments et la pensée de l'homme. Quelque chose d'analogue se voit dans les langues sémitiques ; seulement la flexion y est moins riche et établie en partie sur une autre base ; le développement du système a été plus largo qu'en chinois, mais moins puissant que dans les langues indo-européennes. En un mot toutes les langues présentent d'abord le caractère du monosyllabisme ; elles sont l'œuvre de l'imagination qui crée et non de la pensée qui analyse. ^
Si elles présentent des systèmes si admirables d'harmonie et de régularité, on peut croire qu'elles se sont formées sous l'influence de classes initiatrices ; dans les peuples qui nous occupent, il ne saurait être question que de prêtres ou de fonctionnaires, qui, comme les mandarins, en pouvaient tenir heu. C'est à des prêtres et à des mandarins qu'il faut attribuer l'invention de l'écriture. Nous avons fait observer plus haut que c'est par l'écriture que la tradition se fixe et devient immuable. Confiée à la seule mémoire, elle est susceptible de se tromper, de se corrompre. Cette écriture, si diff'érente qu'elle soit en Egypte, en Chine, dans