De Camps, la Commune à Paris
que les autres. Toutes choses égales, Fancienne noblesse a sur la foule l'avantage d'un passé honorablement connu ; cela aussi fait partie du patrimoine national ; et on en tient compte dans des pays où, depuis longtemps, la démocratie coule à pleins bords, où depuis longtemps on ne crie plus « vive la République » comme pour s'assurer soi-même qu'elle est une réalité. Pourquoi n'imiterions-nous pas ces pays?
B. — - Le clergé.
Philippe II Si j'abandonne mon fils à votre bras, pour qui aurai-je semé?
Le Grànd-Ixïquisiteur
Que ce soit plutôt pour la mort que pour la liberté
Schiller : Don Carlos.
S'il VOUS arrive de jeter à un prêtre éclairé la devise de ia France nouvelle : Liberté, égalité, fraternité, il vous répondra peut-être que le christianisme la réclame comme lui appartenant. Le Christ ne porte-t-il pas avec raison le nom <te « libérateur? » N'a-t-il pas affranchi les âmes, en les rendant indépendantes de toute oppression terrestre, en les délivrant de la crainte de la mort, en leur promettant des destinées immortelles ! En face de ces destinées, n'a-t-il pas déclaré que tous les hommes sont égaux devant Dieu? Que tous seront appelés devant le même juge, pour être récompensés ou châtiés selon leurs œuvres ? Que tous enfin sont frères, c'est-à-dire solidaires dans la joie et la douleur ? Sans doute; mais ces doctrines admirables n'étaient pas d'une application facile au milieu d'un monde corrompu et barbare ; elles avaient une valeur surtout transcendante ; elles ne devaient devenir des vérités que dans un monde meilleur. Telles qu'elles étaient, elles avaient consolé des millions de malheureux dans les siècles de ténèbres, et elles avaient assuré à ceux qui les enseignaient la vénération d'abord, la puissance et la richesse ensuite. C'était justice ; comme la noblesse