‹ Les lois de l'histoireChapitre 88 sur 144 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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superfétalion et tient à ne jamais s'écarter des volumes vrais. Dans cette voie nous sommes allés aussi loin que possible. Nous voulons reproduire « ad ungnetn » les traits des contemporains célèbres ; nous faisons surtout « des portraits ». Nul, au jugement de M. Guillaume, n'jr réussit mieux que les Italiens. Nous voulons que ces portraits soient saisissants de ressemblance, et pour y atteindre, chose curieuse, plus nous nous piquons d'être exacts et plus nous nous éloignons de la nature. C'est que nous ne sommes plus au temps où Ton essayait de représenter les. grands hommes, même contemporains, dans un état de nudité plus ou moins complet. Les tentatives, faites à l'imitation de l'antiquité classique, ont été souvent renouvelées depuis deux cents ans, sans jamais réussir à se faire accepter. Notre goût y répugne. Le nu est trop contraire à nos habitudes et, en dépit des théories, nous ne pourrons jamais nous élever si haut dans l'ordre des^ abstractions. D'ailleurs l'histoire qui domine aujourd'hui si fort sur Testhétique, nous éloigne de l'idéal absolu, elle nous rappelle à ce qui, pour elle, est la vérité * .

« Il y a une exactitude qui tue le souffle créateur de Tartîste et parait le résultat de préoccupations toutes scientifiques. » La manière de copier le modèle vivant de trop près fait rentrer la représentation de la nature vivante dans la nature morte. On procède d'après le modèle avec des scrupules qui engendrent la servilité et un esprit d'analyse qui ne convient qu'aux choses inanimées. C'est une sorte de procès- verbal que l'on dresse des formes, et par là l'œuvre sort du domaine de l'art pour entrer en quelque sorte dans l'histoire naturelle*.

On oppose, comme on sait, aux arts, dont les œuvres immobiles ont pour mesure l'espace, c'est-à-dire L'architecture, la statuaire et la peinture, ceux dont l'activité se déploie dans le temps : la gymnastique, la danse, la musique. Nous venons de voir que, malgré les plus honorables efforts, les artistes contemporains ne se sont pas élevés plus haut que

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