LES BEAUX-ARTS ET LA POÉSIE 2I
eeux de Tantiquité et du moyen âge dans les arts de Tarchilecture et de la statuaire. Ëst-il besoin d'ajouter que nous leur sommes absolument inférieurs dans les arts de la seconde catégorie qui leur correspondent?
Gymnastique, Les besoins de la défense nationale et la conviction où Ton est généralement aujourd'hui, que pendant longtemps on a trop développé les facultés de Tesprit aux dépens des forces du corps, ont valu enfin à la gymoastique une faveur tardive. On conmience à y exercer la îeunesse, celle du sexe le plus fort notamment, et le gouvernement se préoccupe beaucoup du bon choix des pro- C^seurs. Il s'agit sans doute de rendre les générations nouvelles plus robustes, plus souples, plus aptes à remplir toutes les fonctions natureUes, ot aussi à endurer les fatigues et ks épreuves physiques de tout genre, principalement ceUes de la guerre. Mais des développements de la beauté an corps, il n'est et ne saurait être question sous un ciel trop peu clément, qui n'admet pas la nudité de la palestre grecque, Qudité que repoussent, d'ailleurs, nos mœurs. Gymnastique ^ent du grec y^h^^oci Uu, et en vérité on ne voit pas où les statuaires d'Hellas auraient pu p>endre leurs modèles admi*râbles, si les jeux publics ne leur en avaient pas fourni des exhUntioas régulières, et si, dans le culte de Vénus aumoi^s, au mquQ de blesser le sens n^oral, la religion et le plaisir ^'avaient pas conspiré pour le plus graud profit de l'art.
Orcàestiqiùe. La danse, aussi faisait, à l'origine, partie dit cérémonial du culte ; elle était lente ou rapide, animée QH languissante, grave ou joyeuse, suivant les sentiments cpi'elle avait à exprim,er. EUe pouvait s'élever jusqu'à la pantomime lorsqu'elle avait des situations ou des événements à représenter. Toutefois la beauté et la grâce des attitudes et des mouvements restait la loi souveraine. Ce n'est pas q;ue nos aïeux n'aient attaché, eux aussi, à cet art une grande importance. On n'était pas honnête homme si on ne saluait pas battre un entrechat. Au siècle passé, où l'on s'attachait daos les salons à faire sérieusement les choses futiles, un Veatris pouvait jouer un rôle considérable. Si l'on ex-
cepte quelques danses de caractère, on ne peut pas dire que nos ballets soient un produit désintéressé de Fart. Gomment expliquerait-on sans cela que les hommes y figurent si peu et y font généralement si pauvre figure? Dans le monde d'aujourd'hui, la danse a surtout une signification pratique, à laquelle l'art est à peu près étranger. Elle sert à rapprocher les jeunes gens des deux sexes d'une façon décente et aimable, et elle leur fournit une occasion honnête de s'aborder, de se connaître et de se faire connaître. On pourrait dire que, dans nos bals, la danse est le moyen et que le mariage est le but. Au moins en est-il ainsi chez nos voisins d'outre- Rhin et d'outre-Manche, et il ne serait peut-être pas mal qu'il en fût de même un peu chez nous.
La peinture. En revanche, dans la peinture et dans la musique, la supériorité paraît appartenir d'une manière incontestée aux modernes. C'est que ces arts dépendent moins de la matière et puisent davantage leur force inspiratrice dans l'intelligence humaine. Elles ont besoin toutes deux, pour progresser, d'une longue expérience et d'une plus grande somme de notions scientifiques. Les anciens étaient arrivés à une perfection relative par des moyens plus simples. Leur peinture paraît avoir été d'abord un dessin faiblement colorié, comme qui dirait un relief rentré dans le mur. La perspective, l'observation de la nature, les nuances, le fondu des couleurs lui ont en général manqué. La peinture des modernes est plus animée, plus vivante, plus expressive. Dans la succession des écoles italiennes, espagnoles, flamandes, elle a produit une longue série de chefs-d'œuvre qui ont fait et feront l'admiration de la postérité. Aussi imite-t-on aujourd'hui les grands maîtres de ces écoles ; on varie leur manière, on lutte de son mieux pour maintenir des traditions désormais classiques, on ne va pas au delà. L'originaUlé de l'art actuel paraît consister dans le genre et dans le paysage, dans dans quelques spécialités, telles que : marines, glaciers, dans des effets d'ombre et de lumière. Ajoutons que le portrait est cultivé avec un grand succès, et cela, malgré la redoutable concurrence que lui fait, dans tous les ran^s de la