LES BEAUX-ARTS ET LA POÉSIE
société, la photographie de toutes dimensions, coloriée ou non. La foule ne recherche dans le portrait que la ressemblance ; aussi la photographie, invention de la science, ne saurait-elle être ulile à Tart. C'est précisément dans la science qu'elle trouve son véritable emploi, à cause de l'exactitude avec laquelle elle reproduit les objets. Lorsque cette exactitude devient la principale préoccupation de l'artiste — qu'elle soit, d'ailleurs, l'effet d'une prolongation exagérée des études académiques ou d'un excès de conscience — cette nouveauté qui appartient à notre temps, toujours un peu porté à compliquer les choses, se présente à nous comme un danger pour l'artparalysé alors dans son principe, qui est la force créatrice * . La musique. Malgré les travaux nombreux publiés sur la matière, nous ne sommes que très imparfaitement informés sur la musique des anciens. Ce qui nous en reste parait se rapprocher de notre musique d'église. Quoique disposant de moyens plus simples et d'une science à la fois plus imparfaite et plus subtile, cet art a agi puissamment sur les masses, s'il faut ajouter foi à ce que nous en disent Platon et les rhytmiciens, et à ce qui nous est raconté de Terpandre essayant sans succès d'introduire à Sparte une nouvelle manière déjouer de la cithare '. Nous ne pensons pas que, pendant la durée du moyen âge proprement dit, la musique ait produit d'œuvres remarquables ou originales, si ce n'est pour les besoins du culte. Ce n'est que durant les deux derniers siècles que cet art a pris son plus grand essor. Les créations des maîtres italiens se distinguent par la variété, la douceur et l'éclat des mélodies; celles des maîtres français, par la grâce, la finesse, la légèreté, par une certaine verve spirituelle ; celles des maîtres allemands, par la grandeur de la conception et une certaine puissance pénétrante '. A la fin du siècle passé
i. Revw des Deux-Mondes. Article de M. Guillaume loco citato.