LES RACES EUROPÉENNES
assises de TEurope. L'hégémonie d'honneur appartiendra à celle qui aura rendu le plus de services à l'humanité.
G. — La qaastion des raoes enropéeimes, leur orolMment
et leur expansion.
Dans l'état actuel des choses la question des nationalités se complique sur plus d'un point de celle des races ^ Il y en a trois qui se disputent la prééminence en Europe et dans le nouveau monde : les Latins, les Germains, les Slaves. Les Latins sont au nombre de 130 à 13S millions (dont plus de 40 en Amérique), les Germains au nombre de 140 à i 50 millions (dont SO millions en Amérique et en Australie); la population Slave, habitant l'Europe et l'Asie, peut être évaluée à 115 millions. Nous ne parlons que pour mémoire des Grecs et des Albanais, dont les regards sont tournés vers l'Occident, des Hongrois qui suivront probablement la fortune de TAutriche et des Finnois jusqu'à présent inféodés à la Russie. Les Latins dont l'histoire est plus ancienne que celle des Germains et des Slaves, occupent les pays les plus beaux et les plus fertiles des deux continents ; ils comptent un grand nombre d'États, dont un seul de premier ordre ; il est vrai que c'est la France. La race teutonique possède trois puissances de premier ordre : l'Allemagne, TAugleterre et les Étals-Unis sans compter l'Autriche qui, par sa dynastie, et ses provinces allemandes, appartient au même groupe. Les Slaves enfin, moins nombreux que les Latins et les Germains ne paraissent redoutables que parce qu'ils obéissent aux trois quarts à un même maître, le czar. Ils font face aux Asiatiques de race blanche et de race jaune, comme les Latins de la Méditerranée sont avec les Arabes et les Kabyles, les plus proches voisins des hommes de race noire. On dirait donc à première vue que
i. Nous ne parlons pas encore des grandes races de notre globe qu'on distingue par la couleur de la peau, mais seulement des subdivisions de la race blanche qui habite TEurope.
les Germains forment comme la réserve de la civilisation. Car ils touchent et se mêlent d'un côté aux Slaves, de Tautreaux Latins. En outre leur nombre augmente, il augmentera pendant un certain temps encore dans une plus forte proportion que celui des races rivales. Cette rivalité est celle du Nord et du Midi se disputant la prééminence. Elle s'est mon-^ trée avec une apparente acuité dans la guerre de 1870-1871 entre la France et l'Allemagne, mais est-elle bien réelle et sera-t-elle bien durable? On peut très heureusement en» douter. Assurément c'est le Midi qui a déposé dans les pays du Nord les germes de cette culture d'esprit merveilleuse, par laquelle ils luttent à présent, avec leurs aînés du Sud dans la carrière de la civilisation. Déjà ils menacent de l'emporter sur ces derniers par la persévérance, par la discipline, par l'amour du travail, par la fécondité même des familles. [Germania officina gentiurrij Tacite). Nous avons pour nous le goût et la forme, des traditions littéraires et artistiques séculaires, des mœurs plus policées, un luxe plus raffiné, la grâce de l'attitude et le charme de la parole. Tous ces avantages, auxquels il faut joindre la douceur du ciel et d'un sol qui ne se lasse de produire sont autant d'amorces pour des hommes qui en sont privés. Déjà une fois, le Sud épuisé par une longue série d'enfantements, mais paré encore de tous ses attraits, a vu pénétrer dans son sein des flots de Germains, de Hiins, d'Alains. Les temps sont changés : ces peuples sont gagnés au grand pacte de la civilisation et intéressés à en hâter et à en assurer les progrès. Hommes du Midi nous aurons profit à détourner vers nos pays quelques filets du grand torrent de la migration qui emporte vers l'Occident transocéanique le trop plein des populations qui s'étend e-nt au delà de l'Escaut, du Rhin, des AJpes et du Danube. Assimilés à nos mœurs, familiarisés avec nos langues, formés à nos goûts, ils seront à la seconde génération, comme les Normands, de glorieuse mémoire, Français, Italiens, Espagnols. Un échange de bons procédés, de services effectifs, une mise en commun de qualités et d'aptitudes différentes, quelquefois opposées, pourraient ainsi à la longue unir les