‹ Les lois de la circulation du sang enseignées par l'anatomie comparée, l'embryologie et l'observation cliniqueChapitre 21 sur 65 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

ractérisés par la naissance et le développement des êtres organisés.

Lui, un savant si moderne, si conquérant, comme il le disait lui-même de sa méthode, il ne songe même pas à cette belle doctrine de la transmutation progressive et hiérarchique dé's forces qui aurait pu lui éviter les confusions où son esprit s'est perdu !

Et qu'on ne croie pas qu'il y ait eu dans cette profession de foi, lapsus^ inadvertance : tout semble se tenir.

«Notre esprit saisit cette unité (l'unité des organismes vivants) comme une conception qui s'impose à lui, et il l'explique par une force ; mais l'erreur serait de croira que cette force métaphysique est active à la façon d'une force physique. Cette conception ne sort pas du domaine intellectuel pour venir réagir sur les phénomènes pour l'explication desquels l'esprit l'a créée ; quoique émanée du monde physique, elle n'a pas d'effet rétroactif sur lui.

« En résumé, si nous pouvons définir la vie à l'aide d'une conception métaphysique spéciale, il n'en reste pas moins vrai que les forces mécaniques, physiques et chimiques, sont seules les agents effectifs de l'organisme vivant, et que le physiologiste ne peut avoir à tenir compte que de leur action. »

Y a-t-il pourtant une réalité plus matérielle et plus

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sensible que la vie ou le mode d'activité des êtres organisés et vivants? Non seulement on la voit, mais on la touche, on l'expérimente dans son ordre, sur les animaux et sur l'homme, comme le mouvement, la chaleur, la lumière, l'électricité dans le leur, mais on porte, on sent en soi, sujet et objet, cette existence double ou repliée sur elle-même. Non seulement on la sent, mais on la sent une, car on se sent un. Et il n'y a pas en cela la moindre métaphysique, tout y est sensation, sensibilité, appareils nerveux, et par conséquent pure physiologie, car la physiologie commence là où finit la physique, à la sensibilité organique ou latente de Bichat. Elle commence, en efTet, pour parler le langage rigoureux de la science, dans les êtres doués de propriétés sensibles ou spontanément représentatives, dans un ordre d'activité supérieure, des propriétés générales du monde physico-chimique.

La sensibilité, propriété déjà rudimentaire dans le protoplasme, n'est en effet autre chose que cette force nouvelle et plus élevée qui apparaît au seuil du règne organique, et qui, miroir vivant des objets du règne inférieur ou inorganique, se distingue d'eux par la propriété immanente qu'il a de se les représenter spontanément, de les percevoir pour se les assimiler et les dominer. Voilà ce que c'est qu'un sens. C'est un agrégat de matière vivante ou un organe, qui, à un degré aussi rudimentaire qu'on le voudra, est et se sent

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être. Il est sens parce qu'il se sent ou se perçoit luimême, ce que ne fait pas la pierre.

Cette dernière propriété, la sensibilité, le distingue des êtres inorganiques et l'élève au-dessus d'eux.

S'il se sent, s'il est sensible, il sent par cela même et perçoit spontanément en lui les objets extérieurs, ou sinon ces objets particuliers tels qu'ils existent hors de nous, au moins les propriétés générales par lesquelles ils se révèlent à nous, couleur, son, formes, distance, température, poids, mouvement. Quand les corps extérieurs excitent, déterminent en nous la perception de ces diverses propriétés générales, ils ne les y produisent pas directement et de toutes pièces, car ces perceptions y sont organiquement préexistantes. Ils ne font donc que les exciter, les éveiller, et les coordonner dans nos sens ou en nous selon le mode de groupement ou de rapports qu'ils ont dans les objets. Nous nous représentons alors ceux-ci ou nous les voyons en nous tels qu'ils sont hors de nous. C'est ainsi que nous sommes les auteurs de nos sensations, ou que nous les engendrons véritablement.

Nous percevons des couleurs et des formes dans la plus profonde obscurité ; les sons les plus variés dans le silence le plus absolu ; des sensations gravatives sans poids, de la chaleur au milieu du froid ambiant, du froid subjectif en pleine chaleur objective, etc.

Ce que je dis des propriétés physiques des êtres exté-

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