‹ Les lois de la circulation du sang enseignées par l'anatomie comparée, l'embryologie et l'observation cliniqueChapitre 22 sur 65 · INTRODUCTION. XXXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXIX

rieurs, je peux le dire de leurs propriétés chimiques.

Nous les représentons, nous les reproduisons spontanément en nous d'une manière supérieure ou vivante dans les combinaisons de nos éléments organiques, dans notre assimilation et notre désassimilation nutritives.

Il y a en nous un oxygène, un hydrogène, un carbone, un azote vivants ou spontanément représentatifs dans un ordre d'activité supérieure, de ces mêmes éléments du monde inorganique, avides de ceux-ci, les appelant, se les assimilant ou les élevant à eux.

Depuis nos sens externes jusqu'au plus intime des éléments de notre chimie vivante, nous ne sommes donc qu'un assemblage de sens ou d'organes et d'organules spontanément représentatifs de nous-mêmes et des objets extérieurs.

Telle est la vie, tels sont les êtres vivants : ce qu'il y a de plus réel au monde, car ils jouissent, comme on l'a vu, d'une double existence, l'existence physique ou inférieure et fondamentale, l'existence physiologique ou supérieure.

Les êtres organisés ou vivants ont donc plus de réalité que les êtres inorganiques, car ils sont moins loin de la pensée qui, comme l'a prouvé le père de la philosophie et des sciences modernes, Descartes, est la plus haute et la plus positive des réalités, toutes les

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autres étant faites pour elle et n'étant connues que par elle : Ego cogito, ergo sum.

Or, théoriquement et dans la philosophie dont j'ai fourni plus haut un spécimen, Bernard supprime sans le savoir la vie et les êtres vivants qu'il affirme avec éclat dans le domaine expérimental, et qu'il remplace dans son cabinet par des abstractions.

Il répète sans cesse que nous ne pouvons connaître la cause première de rien, de la vie, par conséquent.

A quoi bon répéter ce heu commun? A-t-on peur que nous connaissions plus que notre nature ne nous permet de connaître?

Il faut se défier des savants qui nous défendent toujours de chercher le pour^quoi des choses, leur principe et leur fin intelligibles, et qui veulent nous borner au comment ou au déterminisme. Qui ne voit qu'on ne cherche le comment que pour aller au pourquoi ? En aurions-nous l'idée si nous n'en étions pas capables dans les limites de notre nature finie? Connaissons le plus et le mieux possible; nous n'irons jamais au delà. Seulement, assurons bien notre point de départ, et, quelque haut que nous élevions notre tête, ayons toujours les pieds fermes sur le sol. Se renfermer systématiquement dans le déterminisme des phénomènes, c'est professer l'empirisme, et le pratiquer, sous un autre nom. Cette malheureuse formule n'a servi qu'à

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