‹ Les lois de la circulation du sang enseignées par l'anatomie comparée, l'embryologie et l'observation cliniqueChapitre 24 sur 65 · XLIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLIV INTRODUCTION

à ces hétérogénies de notre nature qu'on nomme des maladies, puisqu'il s'imaginait en créer avec des sections, des ligatures, des additions, des suppressions, des injections, etc., qui n'étaient, hélas ! que des parodies, et, qu'on me permette de le dire, des charges de la nosologie clinique.

Cette clinique méprisée lui eût pourtant offert autant de vérités fécondes à observer pour la physiologie, plus difficiles à conquérir, il est vrai, mais plus solides, que celles qui sortent du laboratoire.

Cette incrédulité médicale n'a pas été heureuse pour la section qui est chargée, dit-on, de représenter la médecine à l'Académie des sciences. Bernard voulait toujours en écarter les médecins au profit de la physiologie expérimentale, comme si on pouvait déduire à priori la. nosologie et la médecine de la physiologie!..

Je tiens tellement à excuser Cl. Bernard, que, pour finir sur ce point, j'ai besoin d'accuser à sa décharge la philosophie ou la métaphysique.

Si les sciences physiques et naturelles se sont trop éloignées de la science de la pensée ou de la métaphysique , c'est que celle-ci s'est trop éloignée d'elles.

Comme si la pensée et l'observation étaient incompatibles, comme si l'esprit humain et la nature pouvaient se séparer, et n'étaient pas indivisibles ! Notre corps et notre esprit ou la pensée ne font qu'un ; l'âme

INTUOnrCTION. XLV

n'est que la partie supérieure du corps. 11 n'y a donc presque rien à changer à la définition de de Donald. Il suffit de dire: l'homme est une âme, ou, si on veut, un cerveau servi par des organes qui ne lui sont inférieurs qu'en dignité physiologique.

La pensée fait donc partie de la nature. Celle-ci y est représentée spontanément dans un ordre plus éminent d'activité qui est la vie. C'est dans la pensée, c'est dans le cerveau son organe, que nous voyons tout ce qui est hors de nous. Sans lui, tout ce qui est ne serait pas pour nous ; il n'y aurait ni moi ni nous. Comment donc la science de la pensée serait-elle étrangère à la science de la nature, et pourquoi la métaphysique s'est-elle éloignée de la physique? Pourquoi Newton a-t-il pu dire : « 0 physique, préserve-toi de la métaphysique » ? Il est vrai que Descartes, génie plus grand que Newton, ne l'a pas dit.

Les lois générales de la nature et celles de la pensée ou de l'esprit sont les mêmes. Comment, sans cela, l'esprit pourrait-il comprendre la nature? Ce que nous avons le plus près de nous, c'est notre esprit; et c'est de lui pourtant que nous sommes toujours le plus loin. La curiosité, l'observation nous captivent. Si nous ne comprenons rien sans la pensée, il semblerait naturel que nous en étudiassions d'abord les lois. C'est ce que nous ne faisons pas.

Nous sommes incessamment hors de nous. Cela

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