‹ Les lois de la circulation du sang enseignées par l'anatomie comparée, l'embryologie et l'observation cliniqueChapitre 7 sur 65 · INTRODUCTION. XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIII

vants par eux-mêmes et indépendamment d'une force distincte d'eux purement imaginaire, dès lors, plus qu'inutile. Le dualisme, qui compose les corps vivants d'un agrégat matériel ou d'instruments passifs, d'un côté, et d'une force séparable seule active, de l'autre, le dualisme tombait alors de soi. C'est pourtant à cette conception aristotélique, et un peu enfantine, qu'on avait donné jusque-là le nom de vitalisme. La chose renversée entraîna le mot à sa suite.

Mais si la doctrine est fausse, si le mot ne lui convenait pas, la vie et son idée subsistent, et le mot leur convient logiquement comme exprimant mieux qu'aucun autre les lois de la génération et du mode d'activité propre aux êtres organisés ou vivants.

Nous avons bien plus le droit d'employer ce mot que les sectateurs du vitalisme abstrait et vague dont la doctrine provisoire a duré des siècles, nous qui voyons la vie inhérente à chaque élément organisé et à leurs fédérations vivantes, nous qui plaçons, par conséquent, l'unité organique, non dans un principe distinct et séparable, mais dans des organes de plus en plus centralisés, et hiérarchiquement subordonnés les uns aux autres, jusqu'à un centre suprême qui lés résume et les représente tous.

Cette manière de comprendre les organismes vivants n'est pas un système, c'est une vue générale et simple des choses telles qu'elles sont, sans hypothèse,

XIY INTRODUCTION.

sans explication systématique empruntée aux sciences auxiliaires.

C'est donc une préoccupation et une injustice inexcusables et étroites de rejeter un mot exact parce qu'il a été appliqué à des systèmes faux.

Est-il possible que Claude Bernard soit tombé dans cette erreur et ait pu croire que le mot de vitalisme implique nécessairement une doctrine fausse et systématique parce qu'il a servi à désigner des Écoles qui, aux époques où elles ont pris ce nom, étaient encore dans l'ignorance invincible de ce qui, scientifiquement parlant, est ou n'est pas la vie?

Ces écoles manquaient absolument, en effet, de l'anatomie vivante que nous avons à peine depuis un siècle. Elles étaient, je l'ai prouvé, l'antivitalisme même, et forcées de reléguer la vie ou l'unité vitale dans un principe substantiellement distinct d'organes sans vie qu'elle mettait en jeu par un impetum faciens étranger, et, par conséquent, mécanique. Quelquefois même, ce principe élait une âme spirituelle indépendante du corps et incapable d'entretenir aucune relation avec cette machine inerte et passive.'

Le vitalisme organique que je professe depuis plus de vingt-cinq ans est l'antithèse positive de ces Écoles vieillies qui ont commencé nécessairement par le dualisme antique cher aux esprits superficiels ou in-

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