XVI INTRODUCTION
dans la physiologie où il s'efforce de ramener tout à la physique. Esprit plus sagace qu'il n'était juste ; sceptique, goguenard, estimant assez peu son semblable pour se permettre d'expérimenter quelquefois à l'hôpital comme dans un laboratoire, il conçoit, institue, exécute habilement son expérience, mais il en tire trop souvent des conclusions saugrenues. Son élève illustre en convenait. Celui-ci, Bernard, au contraire, est un physiologiste-né comme Bordeu, Hunter ou Bichat.
Cependant, on dirait que quelque chose de son éducation physiologique première a déteint sur lui. Toutes les fois qu'il sort de ses intuitions de vitaliste expérimentateur et qu'il rentre en soi pour en exprimer le sens général et enseigner, comme il aimait beaucoup à le faire, les principes de la physiologie^, il retombe dans les erreurs subalternes de son maître ; alors — j'en demande pardon à mon admiration et à ma sympathie pour lui — malgré de vains efforts d'indépendance, on sent qu'encore un peu, et il va devenir médiocre. On le voit avec bonheur se démentir de temps en temps ; on croit, on voudrait croire qu'il va mettre sa philosophie d'accord avec son génie, mais le Magendisme et l'influence de l'Académie des sciences le ressaisissent, et le font descendre au-dessous de lui-même.
Cette incessante contradiction, le spectacle de cette division d'un illustre physiologiste contre lui-même,