‹ Les lois de la circulation du sangChapitre 16 sur 39 · XXI · texte numérisé non relu

XXI

I îs théories circulatoires des écoles sont en contradiction constante avec l'organogénésie et avec l'observation clinique. — La chlorose.

Maintenant, je prie les hydrauliciens purs de la irculation, je prie les éclectiques qui dans la théorie e cette fonction marient l'hydraulique à la vie et ippliquent une contractiHté vivante à des vaisseaux iusenbles et inexpansibles, à des vaisseaux sans spontanéité, i dépourvus d'instinct circulatoire et sanguificateur, de le dire comment il est possible que ces vaisseaux en qui [organisation et la fonction, en qui la vie et le mouvement le sont développés et ont apparu une première fois comme DUS venons de le voir, peuvent n'être pas doués d'une ixpansibihté spontanée et ne pas se dilater activement, îar je m'y perds ?...

Je demandais tout à l'heure : qui donc produit dans la lèvre typhoïde la double diastole artérielle pour une seule systole cardiaque ? Je demande maintenant : qui produit dans la fièvre des anémiques et dans la chlorose, jet dans la maladie de Corrigan, etc., la vibration extraordinaire du pouls et les bruits intermittents et continus que l'oreille perçoit dans certaines artères ? Ces mouvements jsont-ils envoyés là tout faits par le cœur? Mais il n'y a 'aucun rapport mathématique entre ceux du cœur et ceux 'des vaisseaux. Les battements du cœur sont très souvent amples et mous. Les parois ventriculaires sont dilatées et ! anémiées ; on y entend un bruit de souffle doux, court,

inlermittenl,. Les artères, au contraire, ont une diastole brusque, large, dure, et offrent des bruits redoublés aigus, stridents. Evidemment, ce groupe de phénomènes est produit là oh nous le percevons. Par quoi ? Par la môme cause que celle qui les produit au cœur. Au cœur tout le monde regarde ces symptômes, car ce sont des symptômes et non des signes physiques, comme exprès^ sion d'un spasme, d'une irritation nerveuse. C'est mon opinion pour les artères : elles sont affectées de spasme ou d'irritation nerveuse. On a prétendu que la ténuité du sang plus aqueux, moins chargé de matières solides et moins visqueux, frottait les parois artérielles avec moins d onction et vibrait lui-même plus facilement. Mais encore une fois, il n'y a pas, il ne peut y avoir de frottements dans les artères. Examinez ce qui a lieu lorsqu'une artère naît de son blastème et se développe avec le sang comme le sang avec elle sans que l'un précède l'autre, on n'y voit qu'expansion et retrait dans lesquels tout est actif, tout concourt au double mouvement. Le sang chemine, il est vrai ; il éprouve une translation et glisse le long de sa paroi, en un mot, il oscille ou circule. Qu'importe pour l'objet qui nous occupe, si dans ce mouvement de translation, le fluide et le vaisseau sympathisent et ne sont pas indépendants comme ils le sont dans un système hydraulique ; s'il y a par conséquent, action réciproque continue de l'un sur l'autre, et s'ils ne font qu'un tout physiologiquement indécomposable ?

Dans la fièvre d'inanition vasculaire des hémorrliagiques, nous avons vu la grande séreuse intra-vasculaire faire pleuvoir de tous les points de ses cavités des tlots

de saiîg- nouveau, et cette sanguificatiou exubérante mais faible, s'opérer avec des mouvements circulatoires, indices d'une faiblesse irritable, immodérés. Peut-ou dire qu'un liquide frotte dans le sens mécanique du mot, quand il circule dans ces cavités qui le forment partout à des degrés divers, à la faveur de mouvements aussi nécessaires à cette transformation continue, que la sanguification est nécessaire elle-même à la génération des mouvements circulatoires et inséparable de leur évolution ?

En acceptant pour un instant l'hypothèse des hydrauliciens, le sang frotte dans la circulation saine. Pourquoi ce frottement ne produit-il aucun bruit appréciable ? Pourquoi en produira-t-il dans un instant sous l'iufluence d'un éréthisme nerveux ? Qu'y a-t-il de mécanique dans cette cause ? Le bruit accompagne la vibration artérielle. Qui produit cette vibration ? si c'est une irritation nerveuse, une modification morbide de la contractihté et de l'expansibiUté, ce n'est donc pas un frottement. Quel rapport y a-t-il entre un frottement et un spasme ?

Si une collision tout intérieure des molécules sanguines contribue avec le spasme du vaisseau à produire la vibration et le bruit morbides, qui vous dit que cette collision intérieure des particules du sang entre elles, n'est pas morbide elle-même, c'est-à-dire ne tient pas à l'affection du sang si. évidente dans ce cas, et que le vaisseau et le sang ne sont pas altérés et malades de la même manière, concourant ainsi sympathiquement à la production du même symptôme ?

On ne voit donc pas qu'avec ce système d'expliquer

physiquement les symptômes des maladies, on assimile

celles-ci à des faits physiques ? Et, en effet, les symptômes n'étant que la maladie évoluant, sont de môme ordre qu'elle, ils sont elle-même développée. Donc s'il n'y a rien de mécanique dans le premier mouvement de la maladie, dans cet acte générateur intime qui s'opère au sein de la force plastique sous l'influence du système nerveux, il n'y a rien de mécanique dans le plus extérieur des symptomes de cet état, car ce symptôme n'est que le terme d'une série continue qui comme l'embryon a commencé dans le germe, pour finir à une manifestation organique achevée. L'organe fonctionne-t-il plus mécaniquement adulte que naissant? Non sans doute. Hé bien, le symptôme, expression confirmée d'un germe morbide, n'est pas plus mécanique que l'acte intime, et aux yeux de tout le monde, essentiellement vital d'oii il procède par évolution.

Si les symptômes de la chlorose ou de la fièvre des anémiques sont physiques, s'ils n'évoluent pas organiquement, la chlorose n'est plus une maladie, elle n'est qu'un trouble purement mécanique et dès lors tout extérieur de l'économie. Qu'on me donne une bonne théorie mécanique de la chlorose et de la fièvre nerveuse des hémorrhagiques, et je conviendrai que les symptômes de ces maladies, le mouvement extraordinaire et tout spontané du cœur et des vaisseaux qu'on y observe, etc., sont susceptibles d'être exphqués mécaniquement. L'école sait-elle qu'expliquer physiquement les symptômes c'est les séparer de la maladie, et se condamner à l'animisme en faisant de celle-ci comme de la vie, un principe, en dehors des organes? Saitelle, que l'organicisme engendre aussi inévitablement l'a-

iiimisme que celui-ci l'organicisme, et que celle erreur à deux faces qui frappe de stérililé lous ses Iravaux prend sa source dans le fondement anatomique mauvais qu'elle enseigne, l'anatomie lopograpliique, science provisoire, abstraite, morte, toute mécanique dans laquelle les elTets sont regardés comme des causes et qui va faire place à l'organogéuésie, anatomie vraie et animée qui n'étudie pas ce qui est fait, mais ce qui se fait, science toujours vivante par conséquent, et seule base possible de la pathologie oii Ton ne s'occupe pas non plus de ce qui est fait, mais de ce qui se fait constamment.

Qui ne voit que telle est la seule manière de comprendre ce qui se passe dans l'appareil circulatoire exsangue quand il procède de lui-même à la recomposition du fluide nourricier au moyen d'une irritation cardiaco-vasculaire spontanée, dans laquelle tout se faisant par intussusception, rien ne se peut faire mécaniquement ou par juxtaposition? Or, l'expansion vasculaire active est la propriété organique la plus nécessaire, la plus énergiquement en action dans

cette œuvre de régénération morbide et violente d'un sano-

provisoire. Ce n'est que par des expériences faites hors de l'organisme avec des instruments inertes, ou ce qui revient au même, ce n'est qu'à la faveur d'une abstraction dangereuse, en détachant l'appareil circulatoire des autres systèmes organiques et de lui-même, qu'on peut parvenir il gagner les esprits irréQéchis à la dilatation passive des artères qui seraient en même temps contractiles, mi-partie vivantes, mi-partie inertes ; élastiques ou iuertes pour se distendre, musculeuses ou actives pour se resserrer.

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