‹ Les lois de la circulation du sangChapitre 17 sur 39 · XXII · texte numérisé non relu

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Exemples tirés de l'observation de la phlhisie.

Il est d'autres cachexies que la chlorose spontanée ou produite par hémorrhagie, dans lesquelles nous allons voir les artères se comporter tout différemment. Or, en se plaçant au point de vue mécanique que ferait la différence de la diathèse sur l'espèce de mouvement artériel particulier à telle ou telle maladie? Dans la phthisie ou consomption pulmonaire, le sang s'appauvrit, mais d'une autre manière que dans la chlorose. Le blastème général est primitivement affecté dans cette maladie, et voilà pourquoi on l'appelle justement une maladie organique. L'absorption se fait mal, elle est altérée et atteinte dans ses instruments immédiats, les vaisseaux lymphatiques. Alors et par sympathie, les vaisseaux capillaires sanguins n'exécutent plus leurs opérations nutritives, leurs fonctions composantes ; ils se rapetissent et s'effacent ; ils sauguifient de la manière la plus imparfaite ; les artères affectées par le même principe d'altération, reviennent également sur elles-mêmes, et leur expansion diminue en raison de l'affaibhssement des propriétés liématosiques et assimilantes de l'appareil circulatoire tout entier. 11 en est donc ainsi du cœur frappé au premier chef par cette affection.

Les vaisseaux ne se dilatent pas, c'est que la sanguification s'éteint comme l'absorption, comme la nutrition, et que les mouvements vasculaires sont toujours en rapport avec l'état de la sanguifîcation au sort de laquelle ils sont immédiatement et sympathiquement hés. Les altérations

de ces divers appareils ne sont point des conséquences mécaniques d'une affection première qui seule serait organique ; ils sont tous atteints du même mal, le ressentent tous de la même manière et se mettent tous en harmonie de consomption : tous sont phthisiques, chacun dans son genre. Qu'y a-t-il de mécanique en cela, et quel rôle pathologique, quelle initiative l'élasticité peut-elle avoir dans un état pareil? Tout mouvement de l'économie est assimilateur ou désassimilateur, générateur ou dégénérateur. . Il n'y a aucun rapport entre des propriétés de cette nature et une prétendue propriété mécanique d'élasticité que les hydroHcieus n'obtiennent que par abstraction ou qu'ils jugent chez le sujet vivant d'après l'observation du cadavre. Veut-on savoir à quel point elle rend peu compte de la diastole vasculaire?

Ou vient de voir la diastole des artères atténuée par la 1 phthisie comme j'aurais pu la montrer réduite à son minimum par le choléra, une colique, un pincement de l'intestin^ toutes causes qui n'ont rien à faire avec la mécanique et n'ont aucune action sur les propriétés des corps inorganiques ; hé bien, qu'un mouvement intérieur de réaction morbide s'opère tout à coup dans ces tissus languissants de lymphatisme, dans ces vaisseaux blancs et rouges exténués, et alors, sans l'intervention d'aucune cause mécanique, la diastole artérielle va l'emporter sur la systole ; le sang va éprouver très évidemment une expansion simultanée et analogue qui sera le principe de celle des artères augmentée ; la chaleur s'élèvera, les capillaires s'injecteront, etc.. ; et il est si vrai que la dilatation artérielle sera active, qu'on observera habituellement le pouls

redoublé dans lequel, comme je l'ai montré, l'artère éprouve deux diastoles, l'une forte et l'autre faible pour une seule systole du cœur. Si le \olume de la masse sanguine s'est accru, c'est bien spontanément, c'est sans le concours d'aucune cause physique. Comment alors cette amplialion de l'appareil circulatoire développée en même temps que l'expansion du torrent sanguin par une véritable génération d'éléments morbides nouveaux, pourrait-elle s'opérer sans l'expansion simultanée la plus active de toutes les parties de cet appareil?

L'excès d'action est au cœur seul, répondra-t-on, et il n'y a en tout cela que du mouvement en plus ou en moins. Le problème de la fièvre, comme celui de la circulation n'est qu'un problème de quantité et de \itesse. Et en effet, si on ne répondras cela, si on ne nie pas et les maladies, et l'action formatrice et hématosique de l'appareil circulatoire, animé partout jusqu'à l'infini des mêmes forces, on est obligé de confesser l'action propre des vaisseaux, la dilatation active des artères en particulier, de reléguer dans l'histoire des tâtonnements de la physiologie et les théories hydrauhques de la circulation et les principes de Tanatomie topographique qui impose ces conséquences absurdes ; on est obligé de saluer l'avènement de l'anatomie d'évolution.

C'est l'ignorance des propriétés formatrices de l'appareil circulatoire, c'est l'ignorance des lois de son évolution, c'est donc l'ignorance de sa véritable anatomie qui autorisent les théories puériles, qui bien qu'opprimant toutes les parties de la physiologie, ont cependant établi leur trône dans le système de la circulation du sang à la faveur de

uelques apparences grossières, qui ne devraient tromper n instant que l'élève à l'amphithéâtre et l'homme du monde qui a étudié l'anatomie classique sur des pièces du Auzoux.

L'instinct et la sensibilité président à toutes les formaons, elles président à toutes les fonctions qui ne sont |ue des formations continues. Tel est le principe de la nouvelle anatomie et de la physiologie nouvelle. Que les i/ivisecteurs instituent leurs expériences sur ces bases, iii ils moissonneront à pleines mains de ces faits tout viï/ants dont l'exposition seule est une théorie.

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