XXIII
nfin, la physiologie expérimentale est venue démontrer l'expression
active des artères.
Ch. Bernard nous en offre un exemple dans le sujet [nême que nous étudions. 11 s'agit de ses expériences sur les nerfs moteurs des vaisseaux. Ces expériences manquaient à la question. Aujourd'hui, la dilatation active les artères se présente sous la protection de la physiologie expérimentale, l'école positiviste ne peut plus lui refuser son assentiment.
Deux ordres de nerfs, les uns sympathiques, les autres térébraux, se rendent à une artère pour l'animer. Bernard coupe le sympathique et les vaisseaux se dilatent. 11 galvanise le bout périphérique, et les mêmes vaisseaux se contractent.
ïl répète ces deux expériences sur le nerf cérébral. Lorsqu'il coupe ce nerf, les vaisseaux se contractent. S'il t galvanise le bout périphérique les vaisseaux se dilalem. Les effets sont donc absolument inverses de ceux qu'il a obtenus par la section et la galvanisation du nerf ganglionnaire. Il en conclut que ces deux ordres de nerfs sont antagonistes l'un de l'autre dans leur influence sur les mouvements des vaisseaux, c'est-à-dire, sans doute, que les uns excitent la contraction, les autres la dilatation de 1 ces vaisseaux. Dira-t-on que la dilatation obtenue est une paralysie, c'est-à-dire une abolition de la contractilité qui c réduit le vaisseau à sa pure élasticité en supprimant la ' force qui maintient en lui ce que Hunter appelait l'état > moyen? Je concevrais cette objection dans le cas oii le vaisseau ne recevant qu'un seul ordre de nerfs, ceux-ci 1 coupés, il se dilaterait et ne pourrait se contracter que par \ l'excitation du bout périphérique ; mais si la section d'uu t autre nerf satelHte du premier, contracte les vaisseaux, et j que sa galvanisation les dilate, l'objection de paralysie j tombe d'elle-même. (
Comment admettre qu'il y ait des nerfs paralysants? Que la propriété positive d'un nerf soit essentiellement de i paralyser? Les vaisseaux ont donc des nerfs dilatateurs, des nerfs d'expansion et des nerfs de contraction. Et il est si vrai que la dilatation produite par .la section du nerf ganghonnaire est active, que la congestion qui suit | cette expérience , s'accompagne d'une production plus grande de chaleur vitale dans le lieu affecté. Je dis dans le lieu affecté pour montrer que cet excès de chaleur n'est pas dû à une plus grande quantité de sang lancée par le
XHir, comme on l'a dit, mais li uoe action circulatoiœ et -matosique excitée dans la partie et peut-être altérée par 1 commencement d'inflammation, mais, quoi qu'il eu )it, excitée. Or, encore un coup, comment toutes les acons vitales pourraient-elles être stimulées dans une partie
Idvée de son influx nerveux, et depuis quand les paralyes pures et simples ont-elles de pareils effets? La pathologie donne tous les jours, de mille manières, .équivalent et plus du résultat brillant de la physiologie jtpérimentale, mais il faut le dégager d'un ensemble qui ' le rend plus complet aux yeux du médecin philosophe n'en l'obscurcissant aux yeux de l'anatomiste. Ici, l'ana- )misle est vaincu sur son propre terrain. Et pourtant, les lits et les expériences de ce genre se multiplieront en vain, i théorie de la circulation qu'ils pressent de se renou- 1er, restera sous le joug du mécanicisme et des lois du louvement abstrait, aussi longtemps qu'elle ne sera pas énélrée à fond par des principes contraires et que ces incipes ne seront pas appliqués pleinement à la théorie e toutes les fonctions : Instauralio ah imh finidamenlis.
Et pourquoi cette contradiction? Parce que l'esprit hulain a besoin d'unité, et que les faits fournis par la phyiologie expérimentale, morcelant l'organisme, s'ils peutjnt préparer cette unité dans la science de la vie, ne la onstituent pas. Les principes d'une science ne sont pas addition ou le total numérique des faits de son domaine, /unité de la physiologie ne peut être constituée que par me méthode qui, changeant le point de départ de l'obseration, opère dans cette science la révolution opérée dans a philosophie par Socrate chez les anciens et par Des-
cartes chez les modernes, au moyen du : connais-toi ton MÊME et du JE PENSE, DONC JE SUIS. La connaissauce des êtres organisés attend pour se fonder une révélation analogue de l'esprit physiologique.