‹ Les lois de la circulation du sangChapitre 2 sur 39 · XLVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLVIII INTRODUCTION

servés en caractères vivants dans la série zoologiqut et dans l'évolution de l'embryon humain. On peut lefy observer, et on le doit absolument.

On ne connaît les langues et la génération laborieuse du langage humain que quand on a déchiffré les inscriptions de tous les monuments de pierre et d( bronze, signes, médailles, écritures, papyrus, livres que les siècles ont déposées en passant dans tous les pays connus et à connaître.

L'archéologie physiologique a aussi ses monuments et son histoire. Ils se trouvent dans l'échelle animale et dans l'organogénésie de l'homme. On ne connaîf la circulation des mammifères que quand on a étudié celle des oiseaux, des reptiles, des poissons, des mollusques, des crustacés, des insectes, et ainsi en descendant jusqu'à celle des animaux rudimentaires et' même des végétaux; ou jusqu'à ces derniers échelonsdes deux règnes de la vie où il n'y a même plus de circulation proprement dite, mais une simple oscillation ou le processus d'un liquide plastique à traversdes tissus organisés. C'est le seul moyen de ne pas> croire et de ne pas enseigner que l'appareil circulatoire? est une machine hydraulique. Il est vrai qu'on pénètre plus difficilement dans le laboratoire de la nalurœ que dans celui des Écoles, mais on a l'avantage d'y/ prendre les phénomènes sur le fait de leur naissance? et de leur évolution ; ce qu'on y apprend n'est pas ar-

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tificiel, mais sort par la force des choses des entrailles mêmes du sujet.

Rien de moins méthodique, de moins didactique, 3ar conséquent, que les pages qu'on va lire. Il est îiême difficile d'y tracer des divisions, d'y indiquer les chapitres qui répondent exactement à leurs titres )u aux sommaires que j'ai cru devoir cependant y inroduire. Ils ne seront, j'en préviens le lecteur, que rès approximatifs. La raison en est facile à compren- Ire. Ce travail, je l'ai dit déjà en commençant la pré- ;ente Introduction, n'était pas destiné à voir le jour el que j'ose l'offrir aujourd'hui, assemblage plus ou noins irrégulier de pensées jetées rapidement et sans néthode sur le papier il y a un quart de siècle. Je :rois que le fond en était alors à peu près miir, mais 'affirme qu'aujourd'hui, la forme n'est pas plus châiée qu'alors. Je devais reprendre en sous-œuvre ces Giatériaux et les façonner pour une composition ordonée. Rédigées sans précaution, comme lorsqu'on écrit our soi-même, ces feuilles auront peut-être le méite qui distingue quelquefois les productions primelutières, où les idées apparaissent à l'état naissant, à eine vêtues, et dégagées de l'apprêt et des circonpechons qui imposent toujours plus ou moins leurs inventions et leur raideur aux livres trop faits. J'y ai de grandes libertés, des' licences peut-être ;

^ INÏUOIJIJCÏION.

une critique qui déborde comme dans une discussion» passionnée où l'on n'a rien à ménager. Ici, en effet,, mes adversaires sont fictifs. C'est pourquoi je les rudoie, comme si j'étais précédé de la vérité en personne et qu'ils voulussent l'empêcher dépasser.

Il m'arrive aussi trop souvent, au milieu d'une dé-monstration, de me jeter à côté pour faire une excursion trop longue dans des problèmes de physiologie» ou de pathologie générale, et de ne revenir à mon sujet qu'après avoir dii fatiguer le lecteur. ^

J'ai aussi le défaut propre à ces sortes de manuscrits' libres, composés sans préoccupation du public, d'insister trop sur certains points qui reviennent toujours^ comme des refrains ; de me répéter et de ressasser* tellement la preuve, que je finis par m'en saturer moimême.

Ceux qui voudront bien prendre la peine de me hre,, éprouveront sans doute ce sentiment, mais moins que* moi, je l'espère, car mes idées ne leur sont pas encore; assez familières pour leur sembler des lieux communs.. Si ces redites n'usent pas la patience des lecteurs,, peut-être useront-elles la résistance des doctrines ad-verses. Celles-ci ne subsistent quelquefois que par la. force de l'habitude, et elles peuvent finir par céder à l'obsession de l'indiscrète, de l'importune vérité : puii sate et aperietur.

Toutefois, si, dans cette fertihté sans ordre, on ne

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rouve pas les qualités d'un livre, il me semble qu'on îevra y reconnaître l'unité de conception, l'unité des dées et celle de la critique. Si la dernière paraît queliiefois absolue, c'est la faute de l'unité de la nature t de sa logique. La nature n'est pas éclectique. Elle olue toujours et ne retourne jamais en arrière. Une ois qu'elle est parvenue aux règnes organiques, il faut u'elle continue à y monter sans tergiverser et qu'elle ende irrévocablement vers l'homme, son idéal et sa

Or, elle reculerait si le moindre fait, si la plus petite oi du monde de la physique s'introduisaient dans le londe animal. Ils y seraient, en effet, des corps étraners et en produiraient les réactions dangereuses, est ce que ne me semblent pas comprendre les clectiques qui mêlent de la mécanique proprement lté et de la chimie minérale aux fonctions éclatantes 'unité qui distinguent les êtres organisés. Ils retourent au chaos, car la vie de ces êtres consiste préciséent à s'assimiler et à absorber dans un mode d'actilésupérieure, qui est la vie, les êtres et les influences Allantes du règne inorganique ou inférieur. Le règne inorganique n'usurpe pas ; il reste à sa ace, qui est la base des règnes où il soutient tout, oilà pourquoi la science des êtres et des lois de ce ^gne est entièrement nécessaire à la connaissance des îgnes supérieurs. Le règne inorganique fournit, en

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effet, à la vie ses conditions essentielles ; mais si le? lois et les faits de ce règne fondamental pénétraiem directement et sans assimilation , comme on le professe.dans le règne animé, ils y anéantiraient à l'instam la vie.

Telle est la raison d'être absolue du vitalisme.

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