‹ Les lois de la circulation du sangChapitre 22 sur 39 · II · texte numérisé non relu

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Conditions de l'unité pour tous les appareils organiques en général.

L'unité vitale ou organique suppose trois conditions ; 1° que toutes les parties du système soient vivantes, jouissent d'une vie propre jusqu'à l'infini et que, par conséquent, toutes, quels que soient la différence de- leurs fonctions spéciales et leur degré de vie plus ou moins éminent, fassent au fond la même chose, ou jouissent des mêmes propriétés générales ;

2° Que les diverses fonctions et les appareils divers qui les exécutent soient formés d'éléments répandus dans tout l'organisme et centrahsés, ou éminemment représentés dans un organe central, pouvoir exécutif de la fonction ;

3° Que ces appareils unis dans leurs éléments, partout Ibudus, le soient aussi dans leurs centres partout sympathiques au moyen de prolongements de leur substance, animes de propriétés intermédiaires à celles des centres et à celles des éléments.

Ces conditions détrônent l'animisme en substituant l'auatomie d'évolution à l'anatomie topographique.

Et en effet, les idées de diffusion et de centrahsation inverses des appareils organiques répugnent à l'anatomie descriptive. Elles sont données par l'anatomie comparée et l'embryologie. La pathologie les confirme.

Maintenant, ce qu'il faut bien comprendre pour atteindre à la notion du cœur, c'est celle d'un organe central ; en général, c'est le rapport du centre de tout appareil avec les organes élémentaires et diffus de sa fonction. C'est dans ce rapport, en effet, que se trouve l'unité du corps vivant.

Représenter une fonction générale ou la centraliser, c'est concentrer hiérarchiquement en soi toutes les pro- ■t priétés des agents subordonnés et élémentaires qui coopèrent à cette fonction. Il n'y a pas d'unité sans cela. Donc, pour qu'il y ait unité, il faut que l'appareil, après avoir déployé ses éléments dans une infinie variété d'actions vitales particulières, se ramasse en un centre oii elles soient toutes représentées, non pas numériquement mais supérieurement, ou dans leur expression la plus élevée. Ce centre ne doit donc pas être conçu comme l'addition de toutes les propriétés disséminées de l'appareil. L'encéphale, par exemple, n'est pas la somme numérique de toutes les divisions et de toutes les expansions nerveuses

périphériques, avec leurs propriétés particulières; mais il renferme certainement d'une manière éminente et représentative toutes ces propriétés. Elles sont en lui à leur plus haute puissance. C'est ce qui a lieu dans toute organisation centralisée ou hiérarchique. Il y a quelque chose de plus dans le centre cérébral de la vision que dans l'expansion rétinienne du nerf de cette fonction, et pourtant cette partie du cerveau, soit les tubercules quadrijumeaux, n'est sans doute pas une simple agglomération de cette même pulpe nerveuse dont la rétine est formée. Elle est douée d'une puissance représentative de plus. J'en dirai autant des centres cérébraux de tous les sens.

On dit tous les jours en physiologie que tel organe préside à telle fonction. L'expression est juste, mais la science doit s'en rendre compte. Présider est un privilège qui suppose dans l'organe qui en est chargé la supériorité de perception et la puissance hiérarchique d'exécution ou le commandement. Je transporte, dira-t-on, dans la physiologie le langage des sciences morales. Le reproche est au moins contradictoire dans la bouche de ceux qui confondent le physique et le moral.

On va voir en effet, que les lois générales qui président à l'appareil de la circulation, ne diffèrent pas de celles du système nerveux qui est bien le siège de ce qu'on appelle le moral, lequel n'est que la partie supérieure du corps ou de ce qu'on appelle le physique.

Le cœur est l'organe central de la circulation. Il doit, comme tel, posséder d'une manière éminemment représentative et à leur plus haute puissance toutes les propriétés des organes élémentaires et périphériques de l'appareil

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circulatoire. Or, celles-ci sont essentiellement hématosiques en même temps que motrices. Donc, le cœur représente l'unité de circulation et d'hématose, car les vaisseaux capillaires sont le cœur développé, et le cœur n'est que la circulation capillaire concentrée. Il résume à leur plus haute puissance tous les rapports des circulations capillaires aussi nombreuses que les organes. C'est ce qu'il s'agit de démontrer maintenant d'une manière directe au moyen de ma méthode une et triple, l'anatomie comparée, l'embryogénie, et surtout la pathologie.

Encore les maladies organiques du cœur.

Pour l'appareil circulatoire en particulier, le cœur centrahse tous les vaisseaux et par conséquent toutes les propriétés dont jouissent les vaisseaux. Les trois grands appareils de l'économie, appareil de la nutrition, appareil de l'innervation, appareils unis de la respiration et de la circulation, se développent parallèlement. Leur diffusion et leur centrahsalion inverses se correspondent.

Le sang que contient le cœur préformé des poissons, le sang du punctum saliens des galhnacés, sont plus riches, plus complets que la lymphe qui baigne le plasma dont vont être formés les vaisseaux secondaires du poisson et que le sang qu'on trouve dans les îlots vasculaires qui communiqueront plus tard avec le punctum saliens, leur . centre circulatoire futur. Ce sang possède d'une manière éminente et dans leur unité les propriétés de toutes les

variétés de sang qui se forment incessamment dans chaque organe particulier. Chacun de ceux-ci est pourvu, enelFet, de sa circulation et de sonhématose propres. Son sang est i difTérent, autant que ses fonctions, du sang et des fonctions i des autres organes.

Or, remarquons bien que chaque organe s'étant formé surplace et de sou propre blastème, chaque circulation, chaque hématose, chaque sang se sont formés aussi sur place, sans communication avec le cœur. Eh bien, ce qui s'est fait d'abord dans l'embryon, continue à se faire chez l'adulte. *

J'ai dit, et c'est la clef de toute ma doctrine, que chaque organe avait un sang et une hématose propres, et que l'unité hématosique et circulatoire dont le cœur est l'or- t gane, vient de ce que, lui aussi, possède par lui-même, c'est-à-dire essentiellement et primitivement, cette faculté d'hématose à la plus haute puissance. Il en résulte que la circulation générale est un assemblage de circulations particulières présidées parle cœur eu vertu d'une faculté éminemment et spontanément représentative de toutes les circulations et de toutes les hématoses particuHères. Cela; est évident dans l'évolution embryonnaire, et cela, ai-je dit, continue à se faire ainsi chez l'adulte.

Le sang cardiaque n'est donc pas le mélange de tous les autres sangs, car il a été formé à part et sans eux ; mais il les concentre et les représente tous par des qualités supérieures qui répondent à l'unité de l'animal.

L'unité de sanguitîcation est aussi nécessaire que l'unité d'innervation et de nutrition. Aussi la circulation n'est parfai- . tementcentrahséeque quand, de leur côté, lacentraHsatioa

nerveuse et celle des appareils unis de la nutrition et de la génération sont parfaitement achevées.

En effet, chaque organe de l'adulte forme toujours son -iing propre et particulier avec les matériaux qu'il reçoit lu sang général ou du sang qui est commun à toute l'économie. Le sang qui sort du foie diffère de celui de la rate, le l'ovaire, du testicule^ du cerveau, du rein, d'un mus- :1e, etc., comme le sang de tel animal de celui de tel autre. Le sang qui revient des tissus blancs peu animés, comme eshgaments, les cartilages, etc., est, dans sou genre, un >ang analogue à celui des animaux à sang blanc. Ces tissus- ;i ont bien moins de résistance au froid, possèdent une empérature propre bien moins énergique que celle du œur, et on en peut dire autant du sang qui les pénètre, jiii les nourrit, et qu'ils font, car, encore une fois, chaque partie fait son sang, parce que chaque partie Ises vaisseaux nés sur place ainsi que leur propre sang, pui continue à en naître, même après la communication Be toutes les circulations partielles avec le cœur, leur organe central. Ces variétés différentes de sang vont se cenrahsant de plus en plus dans des vaisseaux veineux de plus m plus centraux] usqu'à l'oreillette droite du cœur. Là, leur ariété s'accroît de celle qu'apportent les deux troncs principaux du système lymphatique dont le hquide est luiiiême formé de la lymphe de tous les tissus et du chyle composé dans l'intestin ; elle s'accroît aussi de toutes es absorptions opérées par les innombrables veines aiésaraïques sur les produits albuminoïdes de la diges- -ion.

L'unité du sang veineux ou du sang plastique, composé

de tous ces sangs particuliers, n'est consommée que dans le Yentricule droit.

Ce sang se divise alors à l'infini dans le poumon. 11 y devient molécule par molécule, sang respiré et vivifiant; mais l'unité de ce sang animé et animateur ainsi dispersé dans les poumons pour recevoir sa dernière imprégnation, n'est reconstituée que dans les cavités gauches du cœur.

Qu'est-ce que cette unité, et comment s'opère-t-elle ?

Il ne faut pas la confondre avec un mélange. Mixtion mécanique, juxtaposition, quelque intime qu'elles soient, et unité, sont bien différentes. Le sang du cœur n'est pas l'addition ou le total numérique de tous les sangs particuliers que nous avons reconnus dans les organes.

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