‹ Les lois de la circulation du sangChapitre 28 sur 39 · XIII · texte numérisé non relu

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.'ouvcUes preuves de la force hématosique centrale du cœur, prises dans l'observation des hémorrhagies.

Les hémorrhagies sont, comme les phlegmasies, saines Il malsaines, graves ou bénignes par leur nature ou par ur cause, indépendamment de leur intensité. Leur disaction en actives et passives, que je ne trouve pas absoment mauvaise, a besoin pourtant d'être bien entendue. Il n'y a pas d'hémorrhagie passive. Mais il y a des niorrhagies comme des phlegmasies qui surviennent lez des sujets physiologiquement très faibles, ou frappés adynamie morbide, dans des maladies à caractère putride, orbutique ou typhoïde ; et on appelle ces hémorrhagies Lssives à cause du peu d'activité vitale dont elles sont ac- )mpagnées soit dans tout le système circulatoire, soit ms la portion circonscrite de vaisseaux capillaires qui en ;t le siège. Il faut donc bien savoir qu'il n'y a pas d'héorrhagie passive dans le sens de passivité ou d'inertie •mplète des vaisseaux et du sang en qui cette affection orbide s'accomplit.

11 n'en est pas ainsi dans la pathologie qui repose sur le théorie mécanique de la circulation. Que peut être le hémorrhagie dans cette doctrine ? De la faiblesse en al, trop de force en amont, voilà deux espèces. Une troi- ••me viendra du ramoUissement du vaisseau, et la qualème et dernière de la ténuité du sang. En somme, ce

n'est jamais qu'un défaut de rapport mécanique réciproque entre le coup de piston et les tuyaux, ou bien entre 1(1 contenant et le contenu. En somme, pour cette Écoleli riiémorrliagie est une fuite des vaisseaux, ni plus ni moins;

A mes yeux l'hémorrhagie n'est rien de cela, considérée! d'une manière abstraite, mais l'affection où tous ces étatil peuvent se rencontrer organisés et vivants.

Pour moi, riiémorrliagie suppose une altération de l ^ sensibilité des vaisseaux qui en sont le siège, et par conséM f quent une altération dans le mouvement hématosi que c1><h'' ces vaisseaux, puisque la sensibilité propre de tout vaissj \ seau est une sensibilité liématosique et circulatoire et nox f une autre. Dans quelque liémorrhagie que ce soit, ily ; f vice de la sanguification, vice de la génération du sana 1 dans les vaisseaux capillaires de la partie affectée. h

Je le répète ici, parce que c'est le lieu plus encore qu'aii leurs : chaque organe fait son sang. Le sang d'une hémoo t rhagie spontanée est engendré en même temps qu'exhalé* s ou, sinon engendré de toutes pièces, du moins engeudii i pathologiquenient, car l'hémorrhagie est une action moi» r bide. Ne sait-on pas que les globules du sang ne sont pa> \ en rapport de diamètre avec les pores organiques des vaisi i seaux capillaires? Comment la théorie Boërhaavienne oi mécanique des hémorrhagies ose-t-elle tenir devant c( fait? Elle est convaincue d'erreur sur son propre terraiol

11 paraît prouvé, par des recherches microscopique e exactes, que la membrane pituitaire et la surface interni^ de l'utérus sont les deux départements de la circulation capihaire où la sanguification est la plus abondante. Ce* deux centres vasculaires particuhers forment beaucoup d J

saDg. On sait aussi qu'il n'est pas d'organes plus féconds eu hcniorrhagies. Or il est certain que, dans ces affections, l'hématose et la circulation locales sont non seulement déviées, mais excessives. Ce qui le prouve, c'est l'énorme qiiautilé de sang que certaines personnes pléthoriques peuvent perdre par ces deux surfaces.

Il ne s'agit donc pas alors d'une simple fuite du système circulatoire général, mais d'une modification morbide de l'hématose et de la circulation locales, qui n'ont rien de plus mécanique qu'une inflammation des mêmes parties. Une épistaxis, une métrorrhagie ne sont pas plus produites par des ^'ices mécaniques des vaisseaux, que le coryza ou la métrite qui vont peut-être succéder à ces deux hémorrhagies. Il n'y a pas eu fuite hydrauhque dans un cas plus qu'erreur de lieu dans l'autre.

J'ai dit qu'on trouvait une preuve d'une génération morl)ide du sang hémorrhagique par les vaisseaux capillaires affectés, dans la facihté avec laquelle certains sujets pléthoriques supportent les hémorrhagies actives et semblent régénérer promptement le sang perdu. On observe principalement ce fait lorsque le malade éprouve la fièvre hémorrhagique.

Ily a une fièvre hémorrhagique comme il y a une fièvre inflammatoire ; seulement, elle n'a pas les mêmes caractères. Le pouls de la fièvre hémorrhagique est plus dur, plus large, plus vibrant surtout. Il rappelle un peu le pouls de la fièvre des anémiques, avec plus de plénitude et moins de spasme. La chaleur est beaucoup moins vive, moins acre, les membranes muqueuses plus humides et plus naturelles, les urines peu chargées, les douleurs gé-

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oérales moins intenses, le système moins affecté. Il seml)le que l'affection soit plus angéioténique , c'est-à-dire • plus exclusivement renfermée dans l'appareil circulatoire.

Eh bien, il est uu fait démontré par moi par de nombreuses observations cliniques, c'est que la fièvre liémorrliagique consiste non seulement dans une accélération i plus grande de la circulation, mais dans une sanguification excessive en rapport avec l'hémorrhagie. Les cas où une hémorrhagie est dominée par la fièvre hémorrhagique sont, en effet, ces cas dont j'ai parlé et oii la quantité de * sang perdu est comme inépuisable et paraît se renouveler sans cesse.

En vertu de cette fièvre, tout l'appareil circulatoire • sympathiquement surexcité entre dans un travail liématosique qui domine l'activité morbide de la circonscription i vasculaire oii Fhémorrhagie est localisée. Cette fièvre n'est même pas autre chose que la surexcitation dont il s'agit. Je la nomme hémorrhagique, parce qu'elle n'est pas une • surexcitation physiologique de la circulation, mais une • surexcitation morbide spéciale en rapport avec l'hémorrhagie, Tahmentant par une sanguification hémorrhagi- • pare extraordinaire et de même nature qu'elle.

Ainsi, une fièvre inflammatoire est congénère ou de • même nature que fintlammation à laquelle elle se lie, et dont elle n'est qu'une généralisation et une centralisation.

Un blessé sain, hémorrhagique par une solution de continuité, ne fournira pas sans syncope le quart du sang à i la perte duquel il résistera énergiquement dans une hé- • morrhagie morbide ou spontanée, surtout si elle est accompagnée de fièvre hémorrhagique. On est étonné de la i

quantité de sang que peut débiter un sujet dans ces conditions. Jamais, hydrauliquement pourtant, ses vaisseaux D'y pourraient suffire avec la masse calculée de leur contenu actuellement en circulation, si cette masse n'était pas incessamment et extraordinairement reproduite. Or, la fièvre hémorrliagique n'est pas autre chose que le travail de sanguification morbide extraordinaire. A la différence de la fièvre iuflammatoire sous l'influence de laquelle la fibrine augmente dans le sang, ce principe immédiat diminue dans celui des individus affectés d'hémorrhagie.

La fonction sanguificatrice du cœur apparaît clairement dans ce nouvel exemple. Et en effet, c'est le cœur qui préside à la fièvre. Celle-ci n'est consommée que lorsque le cœur ressent l'impulsion du trouble morbide qui a débuté hors de lui, dans un des départements organiques de l'appareil dont il est le centre. Or, c'est à dater du moment 011 la fièvre hémorrhagipare s'est développée par l'intermédiaire de l'action du cœur, que la sanguification hémorrliagique s'est généralisée et a pu entretenir un écoulement de sang extraordinaire et sans rapport avec le contenu fixe et mécanique de l'appareil circulatoire. Donc, le cœur n'est pas seulement l'organe moteur central du sang, mais l'organe central de sa formation saine ou morbide. Celle-ci, en effet, est aussi inséparable de son mouvement morbide ou sain, que le sang du vaisseau oii il est né et que l'un et l'autre du mouvement qui les anime indivisiblement, sans lequel ils n'ont jamais existé, sans lequel ils ne peuvent pas même être conçus.

Cette théorie nouvelle des hémorrhagies actives repose

sur l'observation d'un fait qui est peut-être une des plus belles diimoustrations des propriétés formatrices particulières des vaisseaux, et de la fonction hématosique centrale du cœur. Ce fait a la valeur toute positive et toute palpable d'une vivisection; il a de plus sur les preuves de ce genre, l'avantage de n'introduire dans le problème aucun élément étranger, d'être en quelque sorte une expérimentation spontanée offerte par la nature, oii l'enchaînement des choses est si visible depuis le commencement jusqu'à la fin, qu'elles portent avec elles leur théorie et donnent d'elles-mêmes toute leur signification.

§ XVI

Maladies organiques du cœur. — Théorie de la cachexie séreuse qui

caractérise ces maladies.

Lorsque j'ai entrepris ce travail je n'avais qu'un but : réformer les théories mécaniques de la circulation en démontrant les propriétés hématosiques centrales dont le cœur jouit. Ce but, je ne me proposais qu'un moyen de l'atteindre : l'étude des maladies organiques du cœur. J'y arrive après une route longue mais tracée par la nature elle-même, et au bout de laquelle on a toujours pu voir en perspective la part que dans la circulation et l'hématose je réserve au cœur, par celle que je fais aux vaisseaux dont Tactivité propre fonctionne sous sa dépendance. Si les vaisseaux ont une action spontanée et par conséquent sanguifîcatrice, à plus forte raison le cœur centre des vaisseaux. Cette action centrale, le cœur l'exerce

sur les vaisseaux capillaires de tous les organes de deux manières indivisibles, d'abord par les nerfs moteurs et sanguificatenrs qui sont communs à tout l'appareil circulatoire; ensuite par Tunité suprême qu'il imprime à l'organisation du sang du même coup qu'il imprime à ce fluide animé l'unité de mouvement.

Si je sais démontrer ces propositions nouvelles, mes raisons auront la qualité requise par l'art de prouver, elles iront en augmentant de force.

En effet, les maladies oii j'ai cherché jusqu'à présent des faits pour appuyer mon principe et éclairer les lois de la circulation, présentaient toutes un trouble simultané plus ou moins grand des fonctions générales de l'économie joint à l'action morbide du cœur.

Aux yeux de plus d'un lecteur, cette circonstance en comphquant les causes a pu entacher de complexité les effets, et laisser des doutes sur la part précise du cœur dans leur production.

Au contraire, dans la plupart des maladies organiques du cœur, ce viscère étant primitivement affecté, au moins sous le rapport qui nous intéresse, et l'action morbide y étant d'abord toute concentrée, nulle cause étrangère ne pourra être accusée de produire l'altération profonde du sang que j'attribue à la lésion profonde des forces cardiaques, et tout ce qui se manifestera dans ce genre devra être rapporté au cœur malade. Il me suffira, pour le prouver, de convaincre d'erreur les théories mécaniques que donne l'Ecole de la dégradation du sang et des hydropisies dans les affections dont il s'agit, car ces théories une fois ruinées, la fonction d'organe central de l'hématose ne pourra

pas plus êire refusée au cœur, que celles d'orgaues centraux de la nutrition, de l'innervation et de la respiration ne sont contestées à l'estomac, au cerveau et au poumon.

On sait ce que c'est qu'une maladie organique. L'enseignement qui emploie si souvent ce mot ; l'École de Paris, qui depuis un demi-siècle a si admirablement étudié les maladies organiques au point de vue de l'anatomie topographique, n'en ont pourtant jamais donné une idée philosophique. On s'entend dans la pratique avec le mot, mais la science ne s'est pas encore expliquée sur la chose.

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