LES
Engagements d'honneur
A formule ordinaire de l'engagement d'honneur est la parole d'honneur.
S'il arrive qu'une querelle se greffe sur un engagement de cet ordre, la faute commise dans le respect de l'engagement primera, pour le choix des armes, toute offense verbale ou écrite de l'adversaire à cette occasion.
Les engagements que prennent entre eux, à l'occasion d'une affaire d'honneur, les adversaires, les témoins, le directeur du combat, les arbitres, constituent des engagements d'honneur sans qu'il soit besoin de le spécifier.
La prescription
LES péripéties et les phases diverses d'une même affaire d'honneur doivent se succéder à des intervalles aussi rapprochés que possible et qui, dans tous les cas, sauf convention expresse préalable, ou consentement ultérieur des deux parties, ne peuvent être éloignés les uns des autres, au maximum, que de quarante-huit heures.
C'est le temps par lequel se prescrit le droit à la réparation dans les différends de cet ordre.
Pourtant le procédé qui consiste à répondre à une offense par une offense, et non par l'envoi de témoins, interrompt certainement la prescription, et le premier offensé peut alors, s'il reçoit des témoins pour sa réponse blessante, se prévaloir de l'offense initiale et réclamer le choix de l'arme, même si plus de quarante-huit heures se sont passées depuis le début de l'incident.
Mais il est nécessaire, à cet effet, qu'il ait eu le soin de répondre dans les quarante-huit heures qui ont suivi l'instant où lui-même a eu connais-
sance de l'offense de son adversaire, de manière à interrompre la prescription en temps utile. Car si Ton admettait que toute offense, à quelque moment qu'elle fût faite, pût évoquer celle ou celles qui l'ont précédée et qui se rattachent à elle par des liens de cause à effet, il deviendrait possible dans toute aff'aire, pour l'offensé, de fixer à son gré le temps de la rencontre ; il lui suffirait, pour cela, de répondre à l'offense à l'époque de son choix, de provoquer ainsi l'envoi des témoins de l'adversaire, et de revendiquer alors la qualité d'offensé et les privilèges qu'elle comporte, en invoquant le premier incident.
Le secret des pourparlers et les procès-verbaux
LA procédure du duel doit avoir pour objet de clore irrévocablement les différends dans lesquels on l'applique.
Il est donc nécessaire que les résultats auxquels elle conduit soient définis et fixés dans des conditions de précision et d'authenticité telles, qu'aucune discussion nouvelle ne puisse venir s'y greffer. Aussi prend-on la précaution de les consigner en des procès-verbaux rédigés avec un soin minutieux, et au bas desquels les quatre témoins apposent ensuite leurs signatures.
Ces procès-verbaux sont aussi concis et aussi courts que possible. Autrement, on irait audevant de discussions, de complications, d'arbitrages que connaît et redoute quiconque a l'expérience de cette sorte d'affaires.
Loyauté et simplicité doivent demeurer parmi
les lois fondamentales du duel, où n'a que faire l'esprit de chicane.
Mais il advient presque toujours que les témoins rendent compte, in extenso, à leur client, de la manière dont ils ont rempli leur mission; il paraît d'ailleurs difficile, hors quelques cas exceptionnels, de leur en contester le droit. Ils lui confient verbalement, de la sorte, certains détails de leurs négociations.
Si l'un ou l'autre des adversaires prétend alors faire état de ces détails, et les rapporte ou les commente, il se pourra que les témoins adverses en jugent la relation inexacte ou les commentaires déplacés, et qu'ils rectifient et protestent.
Pour éviter, dans la mesure possible, de semblables contestations, et pour affirmer, d'autre part, le caractère limitatif du texte des procèsverbaux, touchant ce qu'on doit retenir de l'affaire, on admet le principe du secret des pourparlers, dont la ponée pratique peut se définir comme il suit :
r // n'est permis à quiconque^ si ce n'est aux quatre témoins d'un commun accord et d'accord avec leurs clients^ de prétendre établir l'authenticité de la paf^tie des pourparlers que le procèsverbal ne mentionne pas.
Les témoins sur les dires de qui Von voudrait s'appuyer à cet effets sans V assentiment des témoins