‹ Les lois du duelChapitre 20 sur 27 · RESPONSABILITÉS DES TÉMOINS · texte numérisé non relu

RESPONSABILITÉS DES TÉMOINS

relevées, par les témoins adverses, comme des offenses à leur endroit.

Les témoins, en revanche, sont personnellement garants, à l'égard les uns des autres, de l'exécution des engagements qu'ils prennent pour leurs mandants, que ces engagements soient verbaux, ou exprimés dans le procès-verbal, ou même tacites s'ils résultent nécessairement des lois du duel et des circonstances de l'afiFaire. .

Le fait que ces engagements sont méconnus expose les représentants du défaillant à l'envoi de témoins, de la part des témoins adverses, le sang étant, d'après les conventions admises, la caution matérielle dans les questions d'honneur.

Ces derniers prennent alors rang d'offensés.

Les responsabilités des directeurs de journaux

LE directeur du journal qui publie un article offensant assume- t-il, de ce fait, une part dans la responsabilité morale de l'offense ?

Lorsque la publicité donnée à une offense multiplie par cent mille, ou par cinq cent mille, la portée et l'efficacité de celle-ci, il semble évidemment injuste que l'offense continue à être considérée comme tout, et le multiplicateur comme rien, dans l'évaluation des responsabilités inhérentes au produit.

Il semble aussi que la publication d'une opinion ou d'une nouvelle dans un journal implique, pour l'exactitude de cette nouvelle, ou pour le bien fondé de cette opinion, la garantie du directeur; et la seule tolérance dont il fait preuve à cet égard a toute l'apparence et tout l'effet d'une approbation.

D'autre part, on abuse incontestablement, dans une certaine presse, qui n'est point la

presse honorable, de la dififamation et de la calomnie.

Le goût du public pour le talent est loin d'égaler la curiosité qu'il manifeste pour le scandale ; et comme le talent est, au demeurant, fort rare, comme aussi ceux qui le possèdent ont pour usage de le mettre à haut prix, au lieu qu'un scandale se crée aisément sans dépense, et souvent par un simple effort de l'imagination, il arrive de tout temps que des directeurs estiment, non sans logique, avoir avantage à faire commerce de la seconde de ces denrées, qui se recommande tout particulièrement à leur choix par la facilité de son placement et par son coût modique, et prennent pour règle de l'offrir à leurs lecteurs, plutôt que la première.

S'il advient, par hasard, que leur proie réagisse, qu'elle se débatte, et qu'insoucieuse de l'attention publique et de l'opinion de la foule, presque toujours défavorable, en pareille occurrence, à la victime, elle traduise le journal devant les tribunaux, en réclamant des dommages-intérêts, la spéculation se trouve avoir échoué, et l'opération peut se solder par un déficit. Mais c'est là, malheureusement, le cas le moins général.

La difficulté qu'il y a d'établir péremptoirement le mobile intéressé de l'attaque et la bassesse de la manœuvre, et de justifier ainsi l'appel à la loi ; le désir, naturel à tout accusé, même

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