LA DEMANDE DE RÉPARATION
implique que l'on envisage avec fermeté l'éventualité d'une rencontre, l'envoi de témoins, en revanche, ne prouve nullement qu'on recherche cette solution. Il donne au contraire le moyen, s'il intervient en temps utile, d'apaiser une querelle ou d'éclaircir un malentendu avant que la situation ne s'aggrave, et d'éviter le duel qui se fût imposé un peu plus tard. Hors les cas où l'offense est sérieuse et certaine, on doit y voir, bien plutôt qu'une menace de guerre, le simple engagement de pourparlers diplomatiques en vue du règlement amiable d'un incident.
L'ultimatum n'est posé que plus tard, si toutes les tentatives de conciliation restent vaines.
Le mandat des témoins
LES témoins reçoivent de leur client un mandat dont les termes peuvent assigner à leur initiative personnelle des limites plus ou moins étendues. Il est le plus souvent verbal. Rien ne s'oppose pourtant à ce qu'il soit formulé par écrit, et lorsque, notamment, l'un des deux adversaires prétendra imposer, pour une rencontre, des conditions exceptionnellement graves, il arrivera que ses témoins le prient de leur notifier en une lettre le caractère formel de son désir à cet égard.
En principe, le mandat des témoins ne devrait pas comporter de réserves ; il en est d'ailleurs fréquemment ainsi ; on le résume alors en quelques mots : « Je vous confie le soin de mon honneur. Vous avez pleins pouvoirs en vue d'assurer sa sauvegarde. Tout ce que vous ferez sera bien fait ». C'est le mandat ad libitum.
Une même affaire, toutefois, peut présenter plusieurs solutions honorables, et témoins et clients, chacun de leur côté, pour des raisons
multiples, préféreront bien souvent se mettre préalablement d'accord sur celle d'entre elles qu'il convient de choisir ; aussi s'entendront-ils pour adopter un desideratum dont l'esprit et les termes, exclusivement, feront la base des pourparlers. C'est le mandat précis ou le mandat conventionnel. On l'appellerait improprement impératif; il laisse au contraire aux témoins une initiative et une influence appréciables, puisque l'objet de leur mission est déterminé d'un commun accord avec eux
Enfin, certaines affaires d'honneur, notamment celles où une femme est mêlée, imposent une réserve spéciale. Les témoins peuvent ainsi accepter à la fois, et de rester dans l'ignorance des motifs de la querelle, et de poursuivre pour celle-ci une solution étroitement définie. C'est le mandat impératif proprement dit.
Leur mandat sera souvent encore un mandat mixte^ — précis sur un ou plusieurs points, ad libitum sur d'autres.
Dans tous les cas, le mandat des témoins est rigoureusement exclusif, et si, au mépris des usages, les adversaires venaient à se mettre directement en rapport au cours des pourparlers, et à prendre quelque arrangement entre eux, cet arrangement pourrait être tenu pour nul et non avenu.
La qualité d'oflfënsé