DES LYDIENS
La Lydie, qui, dans l’antiquité, nous apparaît comme le pays de l’or, a moins du sa prospérité et sa réputation aux rares parcelles de ce métal enlevées par les eaux du Pactole au Tmolus, qu’au voisinage des contrées industrieuses dont elle était entourée et qui entretenaient avec elle des relations suivies : les colonies grecques, la Carie, la Lycie, la Pisidie, et bien d’autres encore, qui élisaient de l’Asie Mineure le marché du monde entier.
Sardes paraissait être le centre moral de tous ces peuples régis à peu près par les mômes lois et foçonnés aux mômes mœurs. Là se donnaient rendez-vous leurs meilleurs esprits; là se recueillaient les apologues, ces formes gracieuses de la sagesse antique, qui séduisaient les plus ignorants; de là se répandaient par toute la terre les contes merveilleux et les poésies mystiques.
Sous Alyalte, les Lydiens avaient transformé en conquête la suprématie dont ils jouissaient déjà dans l’Asie Mineure. Sous Crésus, (jui ambitionnait de reculer jus-
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qu’au Taurus les frontières de son vaste royaume, ils se heurtèrent aux Perses, qui les battirent et les subjuguèrent.
En échappant à la concentration lydienne, l’Asie Mineure continua de se développer dans son activilé multiple, en dépit des Perses, dont la domination, par l’effet de son éloignement, s’y relâchait de sa rigueur. De sorte que la grande civilisation grecque, qui déjà ôtait née sur ces rivages avec Homère, Sapho et Alcce, ne cessa point de rayonner des bords de l’IIellespont aux extrémités de la Cilicie.