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LES ÉMANATIONS INTELLECTUELLES

Les opérations intellectuelles, si elles n étaient sollicitées que par les sensations ou par la mémoire, ou même par l’imagination sensitive, seraient circonscrites en un cercle d’idées très restreint. L’intelligence n’en serait probablement pas moins en activité, malgré l’opinion contraire qui a été si souvent soutenue; mais celte aclivilé n’aurait d’autre effet que de couronner l’organisme sensitif, au moyen d’un phénomène différent, à la vérité, mais qui s’y rattacherait toujours individuellement. Le règne animal s’enrichirait d’un ordre de phénomènes plus perfectionne, mais 1 homme ne cesseiait pas défaire partie, quoique y occupant un plus haut rang,

de ce même règne ou système.

L’intelligence est, au contraire, plus qu’un caractère ou une faculté constitutive d’un degré plus élevé dans l’échelle animale ; elle est elle-même une substance différente qui a la propriété de se développer, en multipliant indéfiniment ses émanations, lorsqu’elle est mise en communication avec ses congénères. L’orbite de son

ai tion ne se restreint pas seulement aux phénomènes é nanant d'une seule imite intellectuelle, mais elle s élend, en les embrassant dans une même universalité, ajx phénomènes produits par tous les êtres de même rature, pourvu qu’ils soient en contact entre eux.

Le monde intellectuel se constitue, non seulement £ u-dessus, mais en dehors de tout système sensitif. Ln 6 ITet, à l’évidence de l’existence de notre propre pensée ( orrespond l’existence tout aussi évidente de la pensee d’autrui. La pensée circule de l’une à l’autre intelligence, üt dans cette pensée chaque intelligence reconnaît sa oropre forme et sa propre substance, des caractères et

lies propriétés identiques aux siennes.

Le véhicule exclusif, au moyen duquel la pensée lénètre dans les substances congénères, la revêt pour linsi dire d’un corps, afin de traverser les sens, qui ’estent toujours la seule porte par laquelle on entre dans ’entendement. Ce véhicule et cette sorte de corps de la pensée qui la révèle, qui l’atteste, et qui l’identifie avec les émanations de même nature, c’est le langage.

Si je suis certain que je pense, je suis également certain que celui qui parle pense.

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