‹ Les lois du progrès [microform]Chapitre 62 sur 65 · D3S VARIÉTÉS INDÉLÉBILES DANS L’UNITÉ DE LA CRÉATION · texte numérisé non relu

D3S VARIÉTÉS INDÉLÉBILES DANS L’UNITÉ DE LA CRÉATION

L’unité de la création, conception que les sciences corroborent chaque jour par de nouvelles preuves, n’implique pas le principe que les gradations de la nature tendent à s’absorber l’une l’autre en vertu d’une transformation successive et continue. Le contraire résulte des faits que l’on observe et qui ont été précédemment s )umis au lecteur. Si, d’une part, le fait de l’analogie et de la similarité des substances acquiert toujours plus de CBi’titude; de l’autre, se dresse le fait non moins certain que chaque substance reste distincte, et que les ens jmbles ou groupes, formés par le concours de ces substances, demeurent constamment les mêmes. Les plantes s i nourrissent des métaux et des roches, comme les animaux, à leur tour, se nourrissent des plantes; néanmoins, 1 ïs corps organiques et les corps inorganiques continuent à rester séparés entre eux. Par exemple, le passage même ( ’un corps aériforme à l’état liquide s’effectue seulement £râce à un agent étranger, dont l’intervention persiste cans la nouvelle condition. Les synthèses surprenantes

que les chimistes et les physiologistes parviennent à former aujourd’hui des substances inorganiques, ne sont-elles pas elles-mêmes une démonstration que l’on ne réussit à recomposer un corps que tel qu’il était d’abord composé? La mécanique, pour être une, n’implique pas pour cela que toutes les formes ou périodes d’une même force se résument en une, ou seulement en quelques-unes de ces formes. La cellule, pour être la manifestation de la vie élémentaire des plantes et des animaux, ne prouve pas qu’une partie des tissus et des fonctions de l’organisme soit absorbée au profit d’une autre partie.

Parmi la variété des manifestations que nous offre la nature, nous trouvons, dans l’état actuel de nos connaissances, et nous trouverons certes plus encore dans l’avenir une analogie et même, si l’on veut, une identité d’éléments dans des phénomènes différents. Gela prouve que le lien de la nature est général et constant. Mais la variation des phénomènes de l’un à l’autre, malgré l’identité même des substances qui les composent, prouve aussi que, dans l’un de ces phénomènes existe une propriété nouvelle dont l’origine nous échappe, et qui a été introduite par les conditions du milieu cosmique à l’apparition du phénomène. Il faudrait une nouvelle révolution dans la nature pour faire disparaître cette propriété qui, actuellement, produit de la diversité.

Le mot création, outre qu’il faut ici l’entendre dans le sens de production ou de manifestation universelle coordonnée, doit avoir aussi un sens restreint à la période

cosmique, à laquelle le genre humain appartient, et ne concerner que l’ordre actuel de la nature. De sorte que, m ime en partant des observations et des expériences des sciences modernes, autre chose est de croire que l’élém 3nt premier, en se développant par sa propre vertu dans le 5 conditions d’un milieu déterminé, ait donné naissance à l’ordre actuel des êtres, autre chose est de supposer qu’en vertu de ce principe tout tende à se transformer s£ns fin. Tout ce qui est l’œuvre d’une période cosmique ou de création dure avec elle dans les bornes prescrites à son propre développement.

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