‹ Les lois du progrèsChapitre 6 sur 40 · CONSÉQUENCES DE LA TRANSMISSION PAR UNITÉS · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES DE LA TRANSMISSION PAR UNITÉS

La collectivité se perpétuant par l'introduction constante et successive de nouvelles unités, lesquelles se substituent à celles qui disparaissent, la transmission du progrès est par suite extensible, intermittente et, à cause de cela, inégale.

Elle s'étend ou se multiplie, même en admettant que le nombre des individus qui se remplacent ne varie point, parce que, si le chiffre qui les résume reste identique, la quantité qui exprime le contingent apporté par eux augmente, au contraire, la valeur déjà existante d'un de plus à chaque substitution individuelle et successive. Le résultat s'obtient par les transmissions déjà effectuées, depuis que s'est formée la collectivité, et non pas par les unités qui composent cette dernière. C'est là le signe exclusif et originaire du progrès, qui, dès ses premières manifestations, exprime l'idée d'acquisition et d'accroissement, et nous sommes dès lors assurés, en le reconnaissant, que le chemin suivi dans nos recherches nous conduit à la vérité.

Le progrès est intermittent ou discontinu par sa nature propre et en vertu de l'opération même par laquelle la transmission s'effectue, c'est-à-dire par intervalles et successivement, non pas simultanément et continûment. Même si elle pouvait s'effectuer sans interruption entre des unités parallèles et coexistantes, elle ne peut plus être continue, s'il survient des unités nouvelles, d'un autre plan ou successivement. Le continu, à la vérité, se conçoit comme distinct, mais jamais comme séparé. Au contraire, les actes d'ordre successif restent séparés, et la transmission du progrès ne s'opère pas autrement. Retenons bien cette propriété à cause des déductions fécondes que nous en pourrons tirer plus tard.

C'est pour cela que le développement du progrès moral, qui n'est ici autre chose que la transmission, devient inégal dans la manière dont il procède, quoiqu'il soit identique dans son essence : ainsi la ligne en changeant de direction et le chiffre en changeant de place ne changent pour cela, ni l'un ni l'autre, de nature.

Maintenant que nous connaissons le phénomène et que sa manière constante de procéder est manifeste, il faut rechercher l'essence des éléments qui le constituent.

Page 1