CHAPITRE I
pas entendre, ne se fait pas sentir seulement au cœur d’une nation; ce n’est pas uniquement l’Angleterre ou la France, la Belgique ou la Suisse qui sont travaillées d’un besoin d’expansion industrielle et commerciale , ce sont toutes les nations de l’Europe, toutes celles d’Amérique, depuis le jour où les mots de liberté et d’égalité, de droits et de devoirs, ont retenti sur leurs rivages; ce sont encore toutes les nations de l’Asie, chez lesquelles la croûte des siècles dont elles sont emmaillottées a pu laisser passer quelques rayons du jour moderne. La race humaine tend à se refaire en une grande famille. Ce sera peut-être l’œuvre de vingt générations, l’œuvre de dix siècles, mais ce sera. Déjà la diversité des croyances religieuses n’est plus un obstacle, l’étrangeté du langage n’est plus une barrière, la distance n’est plus un empêchement, et la loi démocratique a passé son inflexible niveau sur toutes les castes.
L’économie politique constate non-seulement cette tendance, mais elle prouve qu’en s’y laissant aller, les hommes font la chose du monde qui leur sera le plus profitable, qui leur assurera à tous la plus grande somme de bien-être.
Dire que la science se fait illusion sur ce point,
affirmer que les intérêts des diverses nations seront toujours contraires, qu il y aura à tout jamais antagonisme de désirs, de besoins, de volontés, d’ambition, entre les habitants de l’un ou de 1 autre bord d’une rivière, de l’un ou de l’autre versant d une montagne, de ce côté-ci ou de ce coté-là d une mer ou d’un océan, c’est dire que le juste et Futile sont incompatibles, c’est admettre comme une vérité cet absurde dicton des siècles passés, que le prouflict de l'un est la perte de l'autre .
b il peut y avoir harmonie entre les intérêts individuels, et qui voudrait en douter en présence des sociétés humaines ? il doit y avoir aussi possibilité d harmonie, de concordance entre les intérêts des diverses nations. Pour nier cette vérité, il faudrait récuser le témoignage de l’expérience qui nous montre depuis dix à douze siècles, surtout sur notre territoire, des harmonies-, des concordances, disons le mot, des fusions d'intérêts bien autrement étranges, bien autrement significatives, que celles réservées à nos petits neveux.
Même en ce moment, cette fusion, cette concordance, cette harmonie d’intérêts se propagent et s étendent peu à peu en répandant par-