‹ Les lois économiquesChapitre 100 sur 239 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

confrères, devient-il, par cette habileté propriétaire des parages où il pêche ? L adresse d un chasseur fut-elle jamais regardée comme un titre de propriété sur le gibier d’un canton? La parité est parfaite : le cultivateur diligent trouve dans une récolte abondante et de meilleure qualité la récompense de son industrie 5 s il d f dit sui le sol des dméliorotions ; il d droit à une préférence comme possesseur-, jamais en aucune façon, il ne peut être admis à présenter son habileté de cultivateur comme un titre à la propriété du sol qu’il cultive. »

Nous avons pris la liberté de souligner ces mots : s’il d fditsurle sol des oméliomtions , il d droit à une préférence comme possesseur ; c’est que ces mots sont la pleine et complète justification de la propriété, ces mots sont la consécration authentique du droit du propriétaire.

J’ai trouvé un champ inculte, je l’ai défriché, je l’ai fertilisé, j’y ai fait, comme vous le dites, des améliorations, et, vous le reconnaissez, j’ai droit à une préférence comme possesseur, c’est-à-dire que je pourrai, à l’exclusion de tout autre, occuper ce sol , l’ensemencer et récolter les moissons qu’il produira pendant deux, trois, cinq ans ou plus. Et ce n’est que justice, car les tra-

LA PROPRIÉTÉ

vaux par lesquels je Fai fertilisé ont un caractère de permanence qui s’étendra sur toutes les moissons futures, et non pas seulement sur une.

Nous ne disons pas autre chose ; entre cette affirmation et la notre il n’y a d’autre différence que du plus au moins.

Examinons cependant encore le passage que nous venons de citer : « Le pêcheur qui, sur la même côte, sait prendre plus de poisson que ses confrères, devient-il, par cette habileté, propriétaire où il pêche ? »

Non sans doute ; mais dire qu’il y a parité parfaite entre le cultivateur qui double ses produits en améliorant le sol, et le pêcheur qui, en usant de plus d’adresse, prend plus de poisson que ses confrères, c’est se moquer de l’intelligence de ses lecteurs. Est-ce que le pêcheur a donné à la mer une plus grande puissance de production? Est-ce que le cultivateur au contraire n’a pas donné à la terre des conditions de fertilité qu’elle n’avait pas? On pourrait tout au plus comparer l’adroit pêcheur à l’habile moissonneur qui récolte son grain sans en perdre autant que ses voisins ; mais le comparer à l’agriculteur qui a défoncé, défriché, fertilisé le sol et lui a donné

Page 1