‹ Les lois économiquesChapitre 107 sur 239 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

boursé à l’acquéreur. Si donc, après un laps de temps, le prix d’un immeuble est intégralement payé, pourquoi l’acquéreur continue-t-il à être propriétaire ?

En d’autres termes, pourquoi le fermier ne devient-il pas propriétaire quand il a payé à ce dernier une somme de fermages équivalente au prix vénal de In terre ?

C’est par la raison qu’en vendant une terre 20,000 fr. argent comptant, le vendeur reçoit une somme avec laquelle il peut se créer un revenu annuel de 1,000 francs à 5 pour cent, de 800 francs à 4 pour cent, de 500 francs à 2 et demi pour cent. C’est par la raison que le fermier qui paie à son propriétaire 1,000 fr. chaque année, ne lui paie que le croît, le revenu, ou l’intérêt du capital dont il a la jouissance. C’est encore par la raison que si le fermier en prenant la terre à bail, avait par-devers lui la somme de 20,000 francs, il retirerait 1,000 fr. par an de cet argent et 1,000 fr. au moins du capital que le propriétaire a employé à mettre la terre en état de produire. Si on prétend que le paiement annuel de mille francs fait pendant vingt ans est suffisant pour rembourser le propriétaire, il arriverait ceci, qu’à l’expiration de

LE FERMAGE

cette période le fermier aurait encore ses 20,000 fr. augmentés de tout le profit qu’il aurait su en tirer, et en outre la propriété tout entière qu’il avait prise à bail. Le propriétaire, pendant ce temps, n’aurait reçu que l’équivalent du revenu de son capital, et il aurait perdu la propriété!

Cette théorie, on le voit, est insoutenable, à moins de prétendre que le capital ne doit rien produire, que les échanges doivent être gratuits, que le travail ne doit pas être rémunéré. Ces prétendus axiomes bouffis par l’emphase ne sont que des outres remplies de vent qu’un coup d’épingle suffit à crever.

Deux frères viennent d’hériter d’une somme de 4,000 fr., qui se trouvent entre les mains d’un tabellion. Ces deux frères, ouvriers tous les deux, se disent, que si le tabellion leur donnait à chacun leurs 2,000 fr., ils pourraient s’occuper exclusivement pendant un an à construire une machine, un meuble, une maison qu’ils vendraient aisément 6,000 fr. Ils demandent leurs

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