‹ Les lois économiquesChapitre 108 sur 239 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

grâce aux 2,000 fr. qu’il a reçus, produit en un an un magnifique piano pour lequel il trouve acheteur à 3,000 fr. Le plus jeune, privé de son capital, continue à travailler à la journée, et a la fin des douze mois, il n’est guère plus riche qu auparavant : il a, ou il n’a pas dépensé les 100 fr. que le tabellion lui a payés, mais il n’a certainement pas les 1,000 fr. de profit que son aîné a réalisés.

Dira-t-on maintenant qu’il importe peu que le capital soit rembourse tout a la fois, en entiei , ou seulement par annuités d’un vingtième, d’un vingt-cinquième ou d un cinquantième.

On dit encore que la loi fondamentale du commerce étant l’équivalence des produits échangés, tout ce qui détruit cette équivalence viole la loi, et on en conclut nécessairement que tout profit détruisant l’équivalence, tout échange fait à profit est illégitime.

Cependant le travail que fait l’ouvrier contre un salaire est un échange de l’application de ses forces, de son adresse, de son intelligence, contre des valeurs monétaires ou autres, est-ce que par hasard cet échange aussi serait illégitime?

Il y a dans la prétendue loi fondamentale du commerce que nous venons de citer une confu-

LE FERMAGE

sion d’idées qu’il importe d’éclairer. Oui, l’échange doit présenter des valeurs équivalentes, mais seulement en ce sens que chacun des échangistes doit recevoir ce qu’il regarde comme l’équivalent de ce qu’il donne. Ainsi, j’ai 1,000 sacs de blé et je n’ai pas de vin, je trouve que vingt de mes sacs de blé ne valent pour moi qu’une barrique de Médoc. J’ai au contraire 1,000 barriques de Médoc et je n’ai pas de blé, je donnerai volontiers une ou dix barriques de vin contre un seul sac de blé.

Et il n’y a pas d’autre moyen de faire des échanges; car qui fixera la valeur relative du blé et du vin, si ce n’est le besoin que j’ai de l’un ou de l’autre ? si ce n’est l’abondance ou la rareté de l’un ou de l’autre article chez celui qui veut bien échanger avec moi?

L’équivalence des produits échangés implique donc toujours le profit que fait ou que peut faire chaque échangiste.

Ainsi, l’ouvrier me vend sa journée de travail pour 5 fr., parce qu’avec cette somme il peut se procurer plus de choses qu’il n’aurait pu le faire en employant son temps à produire ces choses lui-même.

Ainsi, le fermier paie 1,000 fr. de rente cha-

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