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CHAPITRE X

de touche de la monnaie de papier, c’est elle qui garantit la valeur de cette dernière, par suite de la loi économique qui détermine et limite sa production.

La découverte du nouveau Monde coïncida avec une foule de nouvelles inventions qui, multipliant les forces de l’homme, multiplia en même temps le chiffre et l’importance des échanges. La quantité d’or et d’argent que possédait le monde n’était plus en proportion avec le chiffre des valeurs fictives et celui des échanges de produits, mais le Pérou et le Mexique fournirent au vieux monde les métaux précieux dont il avait besoin.

Quatre siècles se sont écoulés • l’homme a découvert et utilisé un grand nombre d’agents naturels qui ont accru dans une immense proportion sa puissance de production. Les échanges ont pris un développement inouï, et avec les échanges les valeurs fictives se sont accrues au delà de tout ce que l’on avait pu supposer. Cependant pour que ces valeurs fiduciaires puissent circuler, il faut que chacun sache, par l’instinct ou le raisonnement, qu’au jour de la liquidation elles pourront être échangées contre d’autres valeurs représentant des produits et non

LA MONNAIE

pas seulement du crédit. La somme des valeurs fictives en circulation menaçait de dépasser l’exacte proportion qui doit se maintenir entre le capital et le crédit, quand voilà que l’on découvre à point nommé les gisements de la Californie, ceux de l’Australie, et que les travailleurs qui vont arracher aux mines leurs précieux produits, rétablissent l’équilibre entre les valeurs fiduciaires et les valeurs métalliques.

Et l’on ne verrait pas dans ce long développement du capital de circulation, dans cette naissance et cette progression du crédit, l’action d’une loi économique invariable et irrésistible ?

Nous avons dit , en parlant de la propriété terrienne, qu’il existe une loi économique en vertu de laquelle les capitaux immobiliers s’accroissent en valeur à raison de l’accroissement en quantité des capitaux mobiliers : en d’autres termes, car c’est toujours la loi de l’offre et de la demande qui détermine la valeur des choses, plus il y a de capitaux mobiliers, plus ils baissent de valeur relativement aux capitaux immobiliers, parce qu’ils sont plus offerts étant de création plus facile, et que les seconds, avec lesquels à la rigueur on pourrait se passer des premiers, sont plus demandés.

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