‹ Les lois économiquesChapitre 122 sur 239 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

d’œil rapide jeté sur les opérations de cette institution nous montrera Faction manifeste de la loi économique dont nous venons de parler.

Le capital de la Banque est de quatre-vingtdix millions; nous le supposerons un instant de cent millions.

En employant ce capital de cent millions à escompter des valeurs, la banque, ne pouvant pas exiger un intérêt dépassant 6 pour cent, percevrait juste un bénéfice brut de 6 millions si tout ce capital était constamment employé.

Avec l’aide du crédit cependant, la banque peut émettre, en monnaies de papier ou de crédit, jusqu a trois fois au moins le montant de son capital : si nous supposons que, par mesure de prudence et pour faire face aux remboursements qui peuvent être exigés, elle garde tout son capital effectif ou métallique dans ses caves, les 300 millions de valeurs de crédit qu’elle a employées aux escomptes devraient lui rapporter, à 6 pour cent, 18 millions au lieu de 6. Mais l’intervention du crédit, intervention dont l’effet est absolument égal à une augmentation du capital effectif, fait baisser le taux de l’intérêt dans une certaine proportion.

Au lieu d’être à 6 pour cent, le taux de l’inté-

LE CRÉDIT

rêt n’est plus qu’à cinq; il résulte de cette abondance fictive des capitaux que le travailleur bénéficie d’un pour cent et que le capital, au lieu de rapporter 6, donne un revenu de 12 à 15 pour cent.

Admettez une liberté complète de crédit, quelque chose comme ce qui existait il y a une douzaine d’années en Écosse, le capital pourra se multiplier cinq ou six fois par le crédit, le taux de l’argent baissera nécessairement à trois ou deux et demi pour cent, et travailleurs comme capitalistes bénéficieront d’autant.

Nous sommes aujourd’hui dans une période de transition, pendant laquelle le crédit commence à naître, mais pendant laquelle il reste emmaillotté dans les langes du privilège : le temps viendra où il régnera sans limites, sans partage et sans entraves.

Cette période de transition était indispensable ; on ne passe pas impunément de la plus profonde obscurité au grand jour d’un soleil d’été.

Nous avons dit que dans le Bas-Empire et pendant le moyen âge le taux de l’intérêt était communément à douze pour cent ; cependant, nous devons le faire observer, le prêt ou plutôt le louage de l’argent ne fut permis pendant toute

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