‹ Les lois économiquesChapitre 123 sur 239 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

cette longue période que dans certaines occasions. Les conciles, les papes, les pères, les docteurs, toute l’Église en un mot condamnait le prêt à intérêt et forçait chacun à ne travailler qu’avec ses propres forces.

C’est là, nous devons le reconnaître, une des raisons principales qui maintinrent les populations dans la misère et la pauvreté • car la prohibition du prêt empêchait d’une manière presque absolue la formation et l’accumulation du capital.

Que l’on ne s’étonne donc pas de la misère que nous voyons encore.

Pendant des siècles et des siècles les populations se sont multipliées, elles ont vécu et elles sont passées sans laisser presque aucun capital à celles qui leur succédaient • car, sans avoir et sans crédit, l’homme ne produit que pour ses besoins du jour. Aussi à mesure que le crédit deviendra libre, à mesure qu’il s’étendra, la misère disparaîtra du monde, car la production s’accroîtra.

Depuis le commencement des sociétés, on a violé toutes les lois économiques en vertu desquelles le travail, le capital, le crédit et l’intelligence auraient du se développer librement ;

LE CRÉDIT

on a contrarié la nature et le droit, on a froissé tous les rapports légitimes des hommes entre eux et on se demande d’où vient la misère !

Il est, à l’occasion du crédit, une erreur qui court les rues et qu’il nous importe de dissiper. Que parlez-vous, nous dira-t-on, du crédit que la Banque fait à ses clients ? C’est le public au contraire qui fait crédit à la Banque puisqu’il accepte ses promesses de payer comme argent comptant. Examinons ce qu’il peut y avoir de fondé dans cette assertion.

Les escomptes que fait la Banque présentent, comme toute autre opération de commerce, vente, louage ou échange, deux faits bien distincts.

Quand Pierre vend à Paul cent hectolitres de blé pour 3,000 fr., Paul vend à Pierre 3,000 fr. contre cent hectolitres de blé : il y a double vente et double achat. Paul est vendeur et acheteur tout ensemble, de même que Pierre est acheteur et vendeur. Si Paul vend son argent et achète du blé, Pierre vend son blé et achète de l’argent : il y a parité d’action entre les deux contractants, il y a mutualité de services rendus.

Quand la Banque escompte à Pierre un billet

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