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CHAPITRE XI

de 1,000 fr. payable à quatre-vingt-dix jours, Pierre prend en échange de son effet des billets de Banque représentant 1,000 fr. Il n’y a pas traces d’argent comptant, d’espèces métalliques dans cette opération, il est vrai ; c’est un échange de crédit des deux côtés, mais avec cette différence qui justifie le prélèvement de l’escompte, que la Banque s’engage à ne pas demander à Pierre le paiement de son billet de 1,000 fr. avant quatre-vingt-dix jours et que Pierre peut le jour même, ou le lendemain, ou dans huit jours, exiger de la Banque le paiement en espèces des billets qu’elle lui a donnés. De quel côté, nous le demandons maintenant, se trouve le crédit ? Est-ce Pierre qui fait crédit à la Banque ou la Banque qui fait crédit à Pierre ?

Mais, reprendra-t-on, vous ne nierez pas que si Pierre ou le public ne voulaient pas accepter les valeurs fictives de la Banque, son papier n’aurait’ pas cours, sa puissance ne vient donc que du concours qu’on lui prête !

C’est très-vrai. C’est absolument comme la puissance du capital qui tomberait à zéro, si tous les travailleurs refusant son concours préféraient ne produire qu’avec l’aide de leurs bras et par eux-mêmes.

LE CRÉDIT

Refusez le concours du capital et vous économiserez la rente ou part de profit qu’il prélève en vertu de la multiplication de votre produit, mais vous diminuerez en même temps, et votre produit et votre part de profit.

Refusez le concours du crédit, ou, si vous le préférez, refusez-lui votre concours, et nous retournerons à l’état déplorable où étaient les populations du moyen âge, vous paierez l’aide que vous donnera le capital, 12 ou 15 pour cent au lieu de le payer 5 ou 6.

Allez plus loin, refusez le concours du capital et vous retournez à l’enfance des sociétés, alors que le produit du travail de l’homme ne suffit guère qu’à sa consommation personnelle.

H y a donc harmonie complète entre l’intérêt du travailleur et celui du capitaliste -, car la loi économique veut qu’à mesure que le crédit vient seconder le capital et substituer son action à la sienne, la part qui revient au capital s’accroisse, et la redevance payée par le travail diminue.

On s’est bercé quelque temps de l’espoir d’obtenir un jour le crédit gratuit. On l’a demandé à l’État, mais l’État n’a jamais pu découvrir où résidait cette merveilleuse gratuité ; on l’a demandé à l’association, mais elle aussi s’est réc-u-

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