‹ Les lois économiquesChapitre 129 sur 239 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

cutent, ces entreprises se font, et il en résulte des bénéfices permanents, bien supérieurs aux quelques inconvénients qui résultent quelquefois du concours du crédit.

Un entrepreneur, plein de confiance et de hardiesse, sans autre capital, si l’on veut, qu’un certain savoir-faire, s’engage à creuser un port, à ouvrir une roule, à élever un pont. 11 fait appel au crédit, le port est creusé, la route est ouverte, le pont est construit ; mais l’entrepreneur a mal fait ses calculs, la dépense s’est élevée au double de la somme qu’il avait prévue : ses comptes présentent un déficit de 100, de 200 mille francs que le crédit lui avait avancés et qu’il fait perdre à ceux auxquels il avait inspiré confiance.

Cet homme a abusé du crédit; mais qui oserait dire que le service qu’il a rendu à la société ne compense pas outre mesure ! abus qu’il a pu commettre?

Imaginez toutes les combinaisons possibles où l’abus peut se produire, et vous reconnaîtrez que toutes les fois que le crédit a été employé à développer l’échange, la circulation ou la production, l’abus même a rendu des services supérieurs aux pertes individuelles qu’il a occasionnées

LE CRÉDIT

Nous dirons donc que l’abus du crédit est moins à craindre que son absence, sa suppression ou sa limitation : c’est pour cela que l’économie politique est en droit d’attribuer la misère actuelle au manque de crédit dans les temps passés, et au monopole si rétréci que l’on en fait dans le temps présent.

Page 1