‹ Les lois économiquesChapitre 130 sur 239 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

La concurrence.

De toutes les conséquences de la liberté du travail, du commerce et de l’industrie, il n’en est aucune qui ait été aussi méconnue, qui ait été attaquée avec autant d’aigreur que la concurrence !

On a dit d’elle que c’était le travail mis au rabais, que c’était la baisse systématique des salaires aboutissant toujours à la suppression d’un certain nombre d’ouvriers.

C’est bien là en effet ce que croit voir l’ob-

LA CONCURRENCE

servateur quand il s’arrête à la surface des choses, quand il ne creuse pas la question plus avant et ne la sonde pas jusque dans ses profondeurs. On eût dû se rappeler, cependant, que la concurrence n’est autre chose que la liberté, et qu’un principe, en vertu ou à côté duquel, si l’on veut, la société s’est régénérée et a fait les progrès que chacun peut constater, ne peut avoir pour résultat de multiplier la misère, généraliser le besoin et appeler la mort au sein des populations.

Toute société qui serait.régie par un principe aussi mortel dans ses effets que ceux que l’on croit voir résulter de la concurrence, périrait bientôt par l’action incessante et continue de ce principe. Mais, nous le répétons, notre société a progressé, les populations se sont accrues, les richesses ont augmenté et se sont mieux réparties, le bien-être s’est répandu sur un plus grand nombre, et les connaissances intellectuelles se sont vulgarisées pendant le règne et sous l’action de la concurrence. Ce principe ne contient donc rien de délétère , rien de mortel.

Nous croyons que, jusqu’à présent, on n’a regardé la question que par un côté et qu’il importe

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