CHAPITRE xn
teur qui, à son tour, doit pouvoir 1 acheter aux conditions qui lui semblent le plus favorables. Si vous voulez faire disparaître la concurrence, il font nier ces droits corrélatifs et supprimer toute liberté de travail , d’achat et de vente; il fout abêtir l’homme par des règlements sans fin et, nous le répétons, imposer à toute chose un maximum et un minimum absolus. Le minimum aurait pour effet de supprimer la concurrence entré les vendeurs, car il arriverait un moment où l’offre cesserait, arrêtée devant les dernières limites légales ; le maximum mettrait fin à la lutte entre les acheteurs , car la demande rencontrerait bientôt le taux fixé par la loi.
Mais le minimum des salaires n’empêcherait pas certains travailleurs de chômer forcément, il aurait même pour résultat d’accroître leur nombre, car plus les salaires sont bas et plus les patrons peuvent employer d’ouvriers; si vous empêchez ces salaires de prendre leur niveau naturel, vous rendez un certain nombre de travailleurs nécessairement oisifs.
Le maximum des prix aurait pour conséquence d’empêcher les producteurs d’obtenir le prix naturel et normal de leurs marchandises, c’est-à-
LA CONCURRENCE
dire qu’il réduirait la production, qu’il diminuerait le nombre des travailleurs.
La loi économique veut, d’une part, que plus le coût de fabrication est modéré et plus est grand le nombre des travailleurs occupés, et de l’autre, que plus les prix de vente sont élevés et plus la fabrication est active. Le bon marché de la fabrication et le placement avantageux des produits assurent donc aux travailleurs l’occupation la plus constante et la mieux rémunérée.
Il est difficile, sinon impossible detrouver ailleurs que dans l’esclavage ou le servage aucune combinaison praticable qui permette à l’homme de travailler à son profit, et qui supprime la concurrence • car quand vous aurez établi le maximum et le minimum, quand vous aurez condamné certains travailleurs à un chômage improductif pour faire meilleure part à quelques-uns, quand vous aurez porté toutes ces atteintes au droit, à la liberté, au bon sens, vous n’aurez encore rien fait. Comment empêcherez-vous le patron de choisir entre les travailleurs et de préférer ceux qui lui paraîtront les plus forts, les plus habiles , les plus dévoués ? Il leur donnera à tous le même salaire, nous vous l’accordons, mais il n’em-