CHAPITRE XII
permettra d étendre ses débouchés, d’accroître ses ventes.
L’expérience a constaté dans tous les temps et constate encore tous les jours que plus le prix des produits s'abaisse, plus la consommation s élargit : or, un accroissement de consommation ne peut avoir lieu sans une augmentation proportionnelle de production. Telle filature qui vendait pour 100 mille francs de cotons filés en vendra pour 130 ou 150 mille, si elle peut les offrir à 10 ou 15 centimes par kilog. moins cher. Tel haut fourneau qui plaçait unmillionde kilogr. de fer en écoulera deux millions, si ses propriétaires peuvent établir une diminution de prix de 25 fr. par mille kilog.
Que ces baisses de prix soient obtenues au moyen d une réduction des salaires, c est dans l’ordre des choses possibles ; mais ce qui est impossible, c’est que l’accroissement de fabrication qui en résulte ne donne pas une plus forte somme de salaires à répartir entre un plus grand nombre d’ouvriers. C’est en vain que l’on prétendrait que la concurrence peut provenir de l’invention de mécaniques et que l’accroissement de fabrication est le résultat de 1 emploi des machines et non 1 oeuvre d un plus grand
LA CONCURRENCE
nombre de travailleurs. Nous demanderons que Ton nous cite une seule industrie dans laquelle l’emploi des machines n’ait pas immédiatement doublé, triplé ou quadruplé le nombre des travailleurs.
Nous serions curieux de savoir, d’ailleurs, comment s’y prendra' ent ceux qui veulent supprimer la concurrence : Interdiraient-ils les nouvelles inventions ? Briseraient-ils les machines? Repousseraient-ils tous perfectionnements, toute simplification de main-d’œuvre, toute économie de temps, de force ou d’argent ? Qu’ils disent alors que nous sommes arrivés au dernier degré de perfection en toutes choses et que tout est pour le mieux ! Mais il arrivera ceci, c’est que l’ouvrier sera toujours ouvrier, l’artisan toujours artisan, le contre-maître toujours contre-maître et le patron toujours patron * car sans l’antagonisme, sans la concurrence, nul ne pourra sortir de sa sphère, il n’y aura ni progrès individuel, ni progrès général.
La concurrence dans le commerce a des effets tout à fait semblables à ceux de la concurrence entre les travailleurs : au lieu de diminuer la somme des profits, elle l’augmente pour la ré-