‹ Les lois économiquesChapitre 145 sur 239 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

dans cet ordre d’idées, les inconvénients du monopole; mais le principe qui sauvegardait le droit de chaque individu a disparu complètement dans les dernières concessions, dans les fusions et les remaniements de cahiers des charges et tarifs.

Il n'y a plus de concurrence possible, l’individualité de chacun se trouve en face d’un pri- \i!ége tout-puissant qui peutdégénérer en exploitation du grand nombre par le petit nombre.

Toutes les fois que la concurrence peut étendre sa protection sur le consommateur, le monopole, fut-il dans les mains de l’État, est injustifiable; mais dans toutes les occasions où elle est impossible, l’intérêt commun et l’équité veulent que le privilège soit absorbé par l’action directe de l’association tout entière. Et, dans ce cas, le droit de chacun n’étant plus proportionnel à ses services, le droit du plus pauvre étant égal à celui du plus riche, la gratuité est de toute justice.

On ne pi élève pas plus d impôts sur les populations des frontières, sous prétexte qu’elles sont plus exposées que celles du centre aux invasions et aux déprédations de l’ennemi ; on ne surtaxe pas les négociants qui s’occupent de commerce avec 1 étranger, sous prétexte encore que la dé-

L’ASSOCIATION

fense ou la protection de leurs intérêts au dehors nécessite des dépenses dont ils profitent seuls. Pourquoi donc taxer ceux qui usent des moyens de locomotion et de transport obtenus à frais communs et dans un but d’utilité générale?

Prélever des taxes ou des redevances à ce sujet, c’est contrevenir aux conditions primordiales des associations nationales : ce n’est plus protéger, c’est exploiter les classes les unes par, les autres.

La justice et la saine économie politique veulent donc que l’exploitation des canaux et chemins de fer soit assimilée à celle des routes, et que la circulation des hommes et des choses y soit entièrement gratuite. C’est alors seulement que les chemins de fer rendront à la civilisation tous les services que l’on est en droit d’en attendre ; car cette gratuité développera certaines lois économiques dont l’action semble avoir été jusqu’à présent suspendue ou neutralisée. Voyez plutôt.

Deux hommes possèdent chacun cent hectares de terres qu’ils ont payés l’un et l’autre cent mille francs; ces deux propriétés sont situées dans des campagnes offrant la même nature de sol, présentant les mêmes conditions d’exploita-

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