‹ Les lois économiquesChapitre 146 sur 239 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

lion et à vingt myriainètres de distance l’un de l’autre. Tout à coup une ville se forme auprès de l’une de ces deux fermes, et le propriétaire voit immédiatement sa fortune quintuplée ou sextuplée ; il pourra vendre sa terre cinq ou six cent mille francs !

Qu’a-t-il fait cet homme pour que sa richesse s’accroisse ainsi outre mesure, tandis que la fortune de l’autre est restée au même chiffre ? A-t-il réellement droit à cet accroissement de valeur ? Quelle chance de perte a-t-il encourue? Quels services a-t-il rendus?.*.

Nous ne pouvons, quant à nous, faire intervenir le hasard dans les questions économiques : il y a dans l’accroissement de la fortune de cet homme une cause qui ne réside pas en lui, qui ne provient pas de son travail, qui n’est pas la conséquence de sa prévoyance. Il y a là une cause d’inégalité, comme une sorte de coup de loterie qui détruirait de fond en comble toutes les raisons sur lesquelles on peut rôûder le droit de propriété, si la libre action des lois économiques ne venait pas sûrement et invinciblement réta- ! blir l'égalité en modifiant en temps utile cette 1 étrange situation.

L’écart que nous pouvons observer dansl ac-

L’ASSOCIATION

croissement de valeur des diverses propriétés entre elles, était, sans aucun doute, beaucoup plus considérable autrefois qu’ aujourd’hui. Quand il n’existait ni route, ni chemins, quand il n’y avait ni navigation maritime , ni navigation fluviale, le produit des terres éloignées des grands centres de population n’était qu’à peu près égal à la consommation personnelle de ceux qui les cultivaient. Le produit de celles qui se trouvaient aux portes des villes valait peut-être cent fois davantage. L’ouverture des chemins, la création des routes, élevèrent la valeur des terres auprès desquelles routes et chemins passaient et diminuèrent d’autant la valeur relative de celles qui se trouvaient à la porte des consommateurs. C’était justice : le travail utile, en quelque lieu qu’il s’accomplisse, a droit à rémunération. C’est là un des buts les plus évidents et les moins contestables de la formation des sociétés.

L’établissement des chemins de fer a une tendance toute pareille à celle de l’ouverture des routes ; ses effets doivent être encore plus décisifs pour une répartition plus générale de l’aisance et du bien-être.

Les nouvelles voies de communication sont en partie venues pour rétablir l’équilibre entre tous

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