‹ Les lois économiquesChapitre 148 sur 239 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

misères, tristes legs du passé, le moyen d’alléger bien des souffrances, douloureux héritage que nous a laissé l’enfance de l’humanité.

On a souvent parlé de la vie à bon marché ! La vie à bon marché ! Le transport gratuit réaliserait jusqu’à sa plus complète vérité ce qui, jusqu’à présent, n’a été qu’un rêve. Partout les objets de consommation arriveraient et se vendraient au prix où ils se vendent sur les lieux de production ; partout la consommation s’accroîtrait et multiplierait à l’infini les ressorts de la production.

On a parlé du crédit à bon marché ! Le transport gratuit suppléerait au manque de crédit, car le producteur pourrait offrir ses produits dans tous les lieux sans supplément de frais, et la consommation ne ferait plus défaut à la production.

Mais embarrassées encore des vieilleries du passé, quelques voix s’écrieront : Le transport libre et gratuit, mais dans quelles dépenses énormes cela ne va-t-il pas nous entraîner? 11 faudrait prélever de nouveaux impôts sur les riches, ce serait les taxer pour nourrir et promener les pauvres !

En émettant l’idée que nous venons d’exposer,

L’ASSOCIATION

nous ne l’avons pas donnée comme une mesure d’expédient, comme une invention accidentelle, nous l’avons déduite de ce qui nous a semblé être une suite très-logique de principes économiques. Or, si cette idée est le résultat de principes ou de lois économiques, elle ne peut produire l’injustice, l’oppression de l’un par l’autre, le vol organisé. Son application rétablit au contraire une certaine harmonie dans les rapports naturels des hommes et fait ressortir d’une manière encore pins évidente la concordance de leurs intérêts.

Aujourd’hui pauvres et riches, l’universalité des citoyens, en un mot, est taxée directement ou indirectement pour subvenir aux frais d’établissement et d’exploitation des chemins de fer. Le monopole dont jouissent les compagnies froisse et viole le droit de chacun.

Aujourd’hui le monopoleur profite de la presque totalité des avantages qui résultent du privilège : il est vrai que le public n’est pas sans en retirer quelque profit, mais il ne manquerait plus que de voir un monopole qui fût source de gain d’un seul côté !

Si jamais la circulation sur les chemins de fer devient gratuite, l’universalité des citoyens sup-

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