‹ Les lois économiquesChapitre 15 sur 239 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

ie l’aisance et du bien-être dont jouissent les diverses classes de la société.

Plus donc l'homme reprend sa liberté, plus il jouit de son libre arbitre, plus il acquiert de responsabilité et plus ses facultés morales s’élèvent, plus ses capacités matérielles s’accroissent. « Le Russe est mou, paresseux, sans force musculaire , dit l’auteur du Knout et les Russes. Sous jcelte peau flasque, si souvent lacérée par la : verge, les muscles sont sans vigueur. Un Anglais, un Français, sont deux ou trois fois plus forts et plus alertes à la manœuvre. »

L’homme serf ou esclave a la tête courbée vers le sol comme la brute, l’homme libre la relève fière et intellectuelle , il vit d’autre chose encore que de pain de froment.

On a dit et l’on dit encore que c’est là une liberté dérisoire, que dans nos contrées civilisées le capitaliste était toujours le maître du salarié, que le travailleur était toujours l’esclave de la ifaim et que sa prétendue émancipation n’avait fait que de le changer de maître.

Si cela était, nous n’aurions qu’à nous voiler la face et à désespérer de l’humanité : mais heureusement cela n’est pas. Nous le demandons à tous ceux qui se sont occupés de la condition des

travailleurs, nous le demandons aux travailleurs eux-mêmes : est-il ou n’est-il pas vrai que leur condition matérielle et intellectuelle s’est améliorée depuis leur émancipation ? Cette amélioration, si elle existe, n’esl-elle pas due à la plus grande liberté dont ils jouissent, aux droits dont ils peuvent faire usage?

Les réponses à ces questions ne peuvent être autres qu’affirmatives, nous le croyons ; nous sommes alors en droit d’ajouter : Si la liberté n’a pas encore donné tous les fruits qu’elle promet, c’est qu’elle n’est pas complète , c’est que sur plusieurs points elle n’existe encore qu’en apparence. L’homme peut-il partout employer son intelligence comme il l’entend, peut-il entreprendre tous les travaux qui lui semblent profitables, peut-il occuper son capital comme il le veut, user de son crédit sans obstacle, c’est-àdire en ne trouvant de limites pour toutes ces choses que celles élevées par les droits tout semblables de son voisin ?

Nul doute que cette fois les réponses seront négatives. Si donc la liberté du travailleur actuel n’est qu’une demi-liberté, sa prospérité ne peut être que mélangée de souffrances.

Si, comme nous l’avons dit, tous les intérêts

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