‹ Les lois économiquesChapitre 156 sur 239 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

donc en harmonie avec la satisfaction de ses besoins, l’accomplissement de ses désirs, la gratification de ses jouissances.

Si maintenant nous étudions cette loi dans ses applications plus restreintes, nous verrons qu’elle est conforme à la nature physique et intellectuelle de l’homme, qu’elle s’harmonise avec les inégalités d’aptitude morale et de force matérielle dont quelques écrivains ont semblé vouloir faire un reproche à la nature.

A mesure que les besoins de la civilisation se développent et s’étendent, les diverses aptitudes de l'homme éclosent et se révèlent,

Quand une place se fait, un homme est là qui doit la remplir; s’il meurt, un autre est tout prêt a lui succéder. Au lieu d’une place à occuper, trouvez quelque combinaison qui ait besoin de certains talents spéciaux, de certaines intelligences douées de mille qualités diverses et pour ainsi dire inconnues auparavant, et s’il vous en faut mille, ils seront là au jour voulu, tout prêts à obéir à la loi économique qui veut que chaque chose vienne en son temps, quand tout est préparé pour la recevoir.

C’est que, par suite de la division du travail, toutes les occupations se trouvent graduées; il y

a un enchaînement général qui fait que toute invention, quelle qu’elle soit, touche par un ou plusieurs points à quelque autre chose antérieure, et que la pratique, l’exécution de cette chose préparent le travailleur pour l’occupation supérieure, car l’homme tend toujours à se mettre au-dessus de son travail.

Cette loi de la division du travail, nous l’avons déjà dit, explique et justifierait, s’il en était besoin, le droit et la loi de propriété.

11 est impossible, en effet, si l’on reconnaît le droit de l’humanité à la civilisation, il est impossible d’admettre que l’homme pût ou dût, après chaque récolte, céder à un autre le champ qu’il occupait pour aller s’adonner à la cuisson de la brique, au tannage des peaux ou au foulage des draps ! L’homme, à qui la culture du sol est échue en partage dans cette mystérieuse division du travail qui nous a tous casés et placés, quoique nous en disions, suivant nos affinités morales et physiques, nos aptitudes matérielles et intellectuelles et nos talents éclos ou à éclore, cet homme a le droit de garder, de posséder et de regarder comme sien l’instrument de son travail, l’instrument de sa production. Autrement, où serait l’égalité, où serait la justice? Quoi! l’ou-

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