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CHAPITRE XVI

des idées entre les peuples, c’est qu’ils ont peur de l'échange des connaissances, de la propagation des pensées que l’industrie réveille, que le commerce abrite sous ses opérations.

Demandez à la Russie si c’est son industrie nationale quelle cherche à protéger? Ne seraitce pas plutôt qu elle aurait peur de voir crouler son vieux système de servage et de despotisme au contact des idées de justice et d’égalité qui prédominent dans l’Occident?

Quelques nations, et nécessairement celles qui tiennent le premier rang parmi les plus civilisées, ont en partie supprimé les inventions retardataires du temps passé ; d’autres, même parmi celles qui semblent le plus vouées à l’immobilité, les réduisent et les restreignent peu à peu, vaincues par l’évidence et la force irrésistible des choses. Ces barrières que nous pouvons appeler par leur nom, les douanes, que l’on cherche aujourd’hui à justifier sous certains prétextes de fiscalité, sont destinées à disparaître complètement; elles sont un obstacle au progrès, obstacle que l’on écartera d’autant plus vite qu’il se roidira contre la marche de la civilisation.

Il y aura bientôt trois quarts de siècle qu’il y

L’ÉCHANGE

avait en France, douanes sur douanes, barrières sur barrières, droits sur droits et taxes sur taxes 5 chaque province, chaque généralité était comme murée aux produits des autres provinces, des autres généralités. De là le déplorable statu quo dans lequel l'industrie, l’agriculture et le commerce végétaient et s’étiolaient depuis tant de générations; de là une grande partie des misères qui affligent encore aujourd’hui certaines classes de nos populations.

L’humanité fit un grand pas quand la liberté des rapports commerciaux et industriels fut décrétée pour la France entière; que sera-ce quand les peuples, mieux éclairés sur leurs véritables intérêts, décréteront que le droit d’échange est partie intégrante du droit imprescriptible de l’homme à la liberté du travail?

Nous avons dit que plus l’homme est civilisé et plus il éprouve de besoins qu’il ne peut contenter qu’en faisant appel à l’aide de ses semblables ; nous pouvons ajouter que plus il trouve de facilité à obtenir ce dont il a besoin, et plus ses besoins s'accroissent et se multiplient. Il résulte de là, que si l’échange avec l’étranger lui permet de se procurer ce qui .lui manque plus aisément qu’il ne peut le faire par l’échange avec ses com-

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