CHAPITRE XVII
En vertu de la loi économique de l’offre et de la demande, l’augmentation dans la proportion d’un à trois ou à quatre du capital disponible fera nécessairement diminuer la valeur locative de l’argent, autrement dit létaux de l’escompte ou de l’intérêt. Il en résultera qu’au lieu de payer cinq ou six pour cent par an, le commerçant, l’industriel, l’agriculteur, le travailleur ne payeront plus que trois ou trois et demi.
Et quand nous disons que les emprunteurs payent, avec le système actuel, cinq ou six, nous nous tenons sciemment au-dessous de la vérité, parce que, avec les commissions de change et de découvert, les primes pour versements en argent et autres prélèvements de ce genre, ils se trouvent avoir payé au bout de l’année huit ou neuf pour cent.
Il y aura donc avantage énorme pour l’emprunteur et avantage non moins considérable pour le prêteur, car les trois millions de valeurs fictives ne représentant qu un million de capital effectif, le profit réalisé par l’escompte fait au moyen de ces trois millions est afférent au million de capital. De sorte que si l’escompte a lieu à raison de trois pour cent, les profits qui reviennent aux propriétaires du million sont à raison
de neuf pour cent, que s’il a lieu à trois et demi, les profits du million sont de dix et demi pour cent. Si, en outre, comme cela est très-possible, les escomptes atteignent une somme de quatre millions, les profits à raison de trois pour cent donnent douze pour cent du capital et à raison de trois et demi s’élèvent à quatorze pour cent.
C’est par la mise en pratique de ce système que les actions de la banque de France ont atteint quatre fois leur valeur d’émission.
Le développement du crédit commercial, industriel et agricole, d’après ces principes élémentaires, serait donc la chose du monde la plus avantageuse pour le capitaliste et pour le travailleur. L’exposé que nous venons de faire de la mise en pratique du seul vrai système de crédit que l’on puisse établir aujourd’hui, montre une fois de plus encore combien est intime et profonde l’harmonie qui règne entre tous les intérêts, ceux du travail comme ceuxdu capital, quand toute liberté d’action leur est laissée.
Le but des banques, leur raison d’être est la capitalisation et la vulgarisation du crédit, c’està-dire que rassemblant une certaine somme de capitaux, elles la multiplient par l’action du crédit et répartissent autour d’elles la force fé-